Titre français: Petite Soeur

Equipe:
Durée: 91‘
Genre:
Date de sortie: 15/04/1997
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Etrange film que ce film-là. Il aborde, le coeur léger, les relations plutôt troubles d'un frère avec sa soeur. Inceste? Erreur de jeunesse? Déviance obsessionnelle? Martijn envahit la vie privée de sa soeur. Il est aussi inquiétant qu'attachant. Entre le dégoût et la pitié, notre coeur balance. Il faudra attendre les toutes dernières minutes pour que se lève le mystère qui enveloppe ces relations fraternelles.

Notre critique:

Ce scénario en tiroir distille habilement l’information. Les bribes du passé se mêlent aux instants présents, brossant lentement, avec finesse, le tableau psychologique des différents personnages principaux. ZUSJE s’appuie sur une histoire forte, construite avec rigueur. Elle tient en haleine. Elle nous surprend. Elle n’a qu’un seul défaut: elle manque d’originalité, car, en définitive, on se retrouve confronté au sempiternel triangle amoureux.

Un manque d’originalité que comble largement la forme du récit. Il est entièrement tourné en caméra subjective. Martijn filme des extraits de la vie de sa soeur avec un caméscope. Cette utilisation systématique de l’image « comme si on y était » apporte énormément. D’abord, elle transforme ZUSJE en une sorte de conte voyeur et dérangeant. On s’insinue dans la vie privée des personnages pour mieux analyser leurs relations. Cette intrusion viole nos codes, transgresse nos interdits, et on se sent mal à l’aise. Ensuite, la vidéo est utilisée, transformée, mise à toutes les sauces. Cette créativité omniprésente maintient notre attention, et nous entraîne de surprise en surprise. La caméra change de main, filme l’apprenti-réalisateur lui-même. Lui, il se regarde dans un miroir, rebobine ses cassettes, efface et manipule.

ZUSJE est une expérience en soi. Un film baigné d’une liberté d’expression typiquement hollandaise, qui n’hésite pas à parler des choses les plus graves, le joint à la main, la fesse à l’air. C’est beau, émouvant, drôle. A tenter.

A propos de l'auteur

Journaliste