Titre français: Cold War

Equipe: Borys Szyc, Janusz Glowacki, Joanna Kulig, Pawel Pawlikowski, Piotr Borkowski, Tomasz Kot
Durée: 84‘
Genre: Drame romantique
Date de sortie:
Cotation: **** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Pologne, 1949. Un orchestre de rue au milieu d’un village enneigé. Un homme et une femme parcourent en bus les campagnes polonaises à la recherche de chanteurs et de musiciens. L’état veut créer un collectif qui pourrait servir à porter la parole de la patrie au travers de la musique, du chant et de la danse.

Notre critique:

Comme pour son IDA, Pawel Pawlikowski démarre ZIMNA WOJNA (Cold War) lentement en prenant tout son temps pour poser ses personnages plutôt que d’aborder directement son sujet. Et à nouveau, il nous parle du passé de son pays (IDA était situé en 1960) démarrant après guerre pour brosser une fresque jusqu’au milieu des années 60, balayant aussi les lieux clés de cette époque (Varsovie, Paris, Berlin-Est).

Et encore une fois, le personnage central de son histoire, Zula, est une femme au caractère marqué et bien trempé, une femme qui va emporter tout sur son passage, les hommes et les événements, au travers d’une passion sans concessions. Une femme magistralement interprétée par Joanna Kulig, qui mériterait sans conteste un prix d’interprétation à Cannes.

Noir et blanc, format presque carré, Pawel Pawlikowski ne prétend pas inscrire son film dans la modernité des moyens du cinéma actuel, mais bien de donner à son histoire et ses personnages toute la place et le temps qu’ils méritent. Wiktor et Zula vont s’aimer d’un amour quasi indestructible, libre car passionné, ne laissant jamais la guerre froide se mettre entre eux plus longtemps que cet amour ne pourrait le supporter.

Amants, mari de convenance, espionnage (ou mouchardage), tout sera bon pour Zula pour rejoindre celui qu’elle aime. Celle qui a poignardé son père (“Il m’a confondu avec ma mère, mon couteau lui a montré la différence”, un bon slogan pour toutes les femmes harcelées) montrera d’un bout à l’autre son caractère indomptable, véritable hommage que fait le réalisateur à l’âme slave, sous forme d’un romantisme sans failles, hors du temps.

En concluant ZIMNA WOJNA par les retrouvailles finales de Wiktor et de Zula, là où tout avait commencé, par une phrase lapidaire de Zula “Allons de l’autre côté, la vue sera plus belle”, Pawel Pawlikowski réussit un film avec une gradation parfaite vers le moment ultime de son histoire.

En définitive, ZIMNA WOJNA (Cold War) doit être au palmarès de Cannes cette année ou sinon, il risque d’y avoir une émeute journalistique sur les marches du palais! Qu’on se le dise!

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...