Equipe: Abu Bakr Shawky, Ahmed Abdelhafiz, Osama Abdallah, Rady Gamal
Durée: 97‘
Genre: Drame
Date de sortie:
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Une décharge à ciel ouvert en Egypte. Un lépreux, Beshay, fouille les ordures pour ramener dans sa carriole tirée par son âne quelques bricoles à vendre avant de se rendre à la léproserie.

Notre critique:

Commençant par un scène choc sur une décharge à ciel ouvert, YOMEDDINE campe son décor sans misérabilisme mais sans cacher l’immense misère de ces lieux et de ceux que son héros lépreux va parcourir ensuite.

Road movie dont le déclencheur est la mort de Ireny, femme de Beshay, hospitalisée dans un hôpital psychiatrique depuis quelques temps, YOMEDDINE va donc s’attacher aux pas de Beshay et d’Obama (son jeune protégé orphelin) pour nous balader au sein d’une Egypte pas particulièrement tendre avec les lépreux. Oboma partira avec Beshay pour chercher ses origines tandis que ce dernier fera un retour chez son père et sa famille qui l’avait chassée lors des premiers signes de la maladie.

Si l’Egypte n’est pas tendre avec ses lépreux, YOMEDDINE n’est pas spécialement tendre avec l’Egypte montrant que si le pays les soigne en traitant la maladie, il ne les prend plus en charge une fois guéri (ce qui est la cas de Beshay) les parquant dans des léproseries et laissant la population se charger de leur faire comprendre qu’ils ne sont les bienvenus nulle part (expulsion du train, moqueries, etc).

Présenté en compétition à Cannes 2018, YOMEDDINE est aussi une histoire d’amitié développée au fil du road movie et magnifiquement interprétée par Rady Gamal et Ahmed Abdelhafiz, tous deux des non-professionnels. Cependant, si le début et la fin du film sont l’occasion pour le réalisateur Abu Bakr Shawky de développer quelques scènes chocs (notamment les retrouvailles de Beshay avec son frère et son père), la partie road-movie est plutôt soporifique et n’utilise finalement pas assez ce qu’elle a mis en place plus tôt: la difficulté de survie des parias au sein d’une Egypte peu tolérante.

Au final, et Beshay, et Oboma, reviendront à leur point de départ en ayant grandi suite à leur quête des origines qui leur aura permis au moins une chose, de tirer un trait définitif sur un passé qui les empêchait d’avancer.

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...