Equipe:
Durée: 106‘
Genre:
Date de sortie:
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Jim Jarmush filme la tournée 1996 de Neil Young et les Crazy Horse et évoque toute la carrière de ce groupe mythique des années '70.

Notre critique:

Jim Jarmusch? Un grand type aux cheveux blancs comme neige. Un cinéaste sensible. Habite New York, réalise des films d’auteurs. Doucement allumé, a développé une très belle esthétique du noir et blanc (MYSTERY TRAIN, DEAD MAN), a un sens du rythme coulé, lent, apaisant.
C’est aussi un fou de musique aux goûts aussi éclectiques que John Lurie, Iggy Pop ou Elvis. Il propose en 1995 à Neil Young de réaliser la bande son de DEAD MAN. Ce dernier accepte. Il lui faut un jour pour improviser les principaux morceaux. Jarmusch saute de joie.
Les deux hommes s’apprécient mutuellement. Pas étonnant donc que Young demande un peu plus tard au new yorkais de mettre en bobines un long métrage consacré à sa tournée à venir. Fallait pas le dire deux fois: Jarmusch entasse rapido quelques vêtements dans une valise et monte dans le car. Pendant un an, il suit le CRAZY HORSE, le groupe fétiche de Young créé dans les années 1970 et devenu mythique depuis. Un groupe qui lui a tout appris. Et qui lui doit tout. Autour de Young, trois musiciens déjantés, unis par les délires communs, les engueulades et surtout le bonheur de s’éclater sur scène.
Et Jarmusch filme. Il filme quatre fumeurs de joints invétérés qui regrettent leurs compagnons morts d’overdose. Il filme une amitié inébranlable. Il filme du rock énergique et mélodieux.
Et Jarmusch s’en fout si on lui serine qu’il n’arrivera jamais à boucler son documentaire. Il s’en fout et il s’entête. Mû par une passion clairvoyante, il repêche des interviews historiques, se pointe à l’improviste dans les chambres des musiciens, pose des questions farfelues (parfois) émouvantes (souvent).
Au montage, il mélange vidéo Hi8, super 8 gonflé et 16mm à l’instinct. Les images live sont assurées par son pote L.A. Johnson, un vieux routard qui a travaillé sur WOODSTOCK.

Le résultat? Jubilatoire! Rock n’roll! Touchant! Neil Young a traversé le temps sans prendre une ride. Il n’a rien à envier aux jeunots qui courent les festivals. De ce géant aux riffs géniaux, Jarmusch dresse un portrait fin et nuancé, en moins de deux heures. Simplement. Avec grâce. Avec force.

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Journaliste