Equipe:
Durée: 105‘
Genre:
Date de sortie: 15/08/2000
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Rien ne va plus sur la Terre. L'existence des mutants (des humains évolués dotés de pouvoirs surnaturels) est révélée au monde et soulève chez certains conservateurs des peurs mal fondées. De leur côté, les mutants sont regroupés en deux clans. Le professeur Charles Xavier est à la tête du premier, il prône la compréhension et l'adaptation des mutants face aux humains. A son opposé, Magnéto affirme ses desseins, soit la prise sous son contrôle de notre bonne vieille planète bleue, par le feu et le sang

Notre critique:

Dès que nous avions appris que Bryan Singer allait orchestrer l’adaptation sur pellicule des X-MEN, deux questions se sont mises à résonner dans nos cervelles. Tout d’abord que restera-t-il de l’intégrité du très subtil réalisateur de THE USUAL SUSPECTS face à un projet commandité par la Fox? Et puis qu’adviendra-t-il de la densité psychologique de super-héros traînant derrière eux 37 années d’aventures discontinues? Aujourd’hui, nous avons les réponses, et toutes nos peurs sont évacuées parce que mesdames et messieurs, X-MEN est un petit joyau du genre. Et non, il ne vous faut pas connaître par coeur la vie de ces super-anti-héros pour apprécier un film hors du commun. Singer vous brosse leur histoire en une jolie tartinade d’images

Couché comme cela sur le papier, le scénario permettant à ses anti-super-héros de connaître les joies et les affres du septième art pourrait paraître un brin famélique. Mais c’est oublier une petite dizaine de personnages fracturés par la société, amputés de la vie communautaire à cause de leurs pouvoirs et la personnalité trempée du metteur en scène de APT PUPIL. En les dressant face à face avec comme juge arbitre un sénateur intolérant, Singer se permet de brasser à nouveau ses thèmes de prédilection au sein d’une entreprise purement commerciale (la peur de l’inconnu, le rejet de la société, les relations entre les êtresŠ). C’est là, d’ailleurs, que nous prenons plaisir à décortiquer des personnages extrêmes et leurs motivations gentiment troubles. On côtoie avec un plaisir affirmé les faux-semblants et les fausses pistes que laisse volontairement traîner un cinéaste manipulateur. De même, sa passion pour les méchants ressort pleinement dans cette fiction où l’on accroche à tous les points de vues. Dans ce chaos nébuleux, Singer trace sa voie par le biais d’un couple maudit, Wolverine et Rogue, mut par une histoire d’amour impossible. Ces deux personnages pivots renforcent ainsi la structure narrative du récit. Le charisme d’Hugh Jackman fait merveille sous les traits sauvages de Wolverine. La détresse et la solitude de Rogue transpercent sous les traits d’une fabuleuse Anna Paquin. Soulignons également les prestations exemplaires de sobriété de Patrick Stewart et Ian McKellen (quel acteur!) dans les peaux des leaders d’opposition forçant une allégorie visuelle mettant en tête-à-tête Martin Luther King et Malcom X.
Subtilement plus profond que la moyenne des blockbusters made in USA, X-MEN est une réussite qui doit beaucoup à son réalisateur qui alterne savamment moments de bravoure avec les évolutions de ses personnages. Maître de l’illusion, Singer nous floue en jouant que sur deux couples Wolverine/Rogue, Charles Xavier /Magneto, les autres ne sont là que par obligation mais apportent tout de même leur pierre à l’édifice.

X-MEN est un divertissement magnifique d’intensité et de réflexion qui ne pêche pas par manque d’action mais offre en plus un deuxième niveau de lecture surprenant et fabuleusement juste. Un grand moment de pur cinéma.

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Journaliste