Equipe:
Durée: 110‘
Genre:
Date de sortie: 31/08/1999
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Londres. Trois jours dans la vie d'une famille comme les autres, une famille qui traverse ses crises, qui panse ses blessures. Maman et Papa se sont enfermés dans un mariage stérile déserté par l'amour. Ils vivent aigris par l'absence du fils, Darren, qui a fuit un cocon familial étouffant. Les trois filles, Debbie, Nadia et Molly, s'épaulent tant bien que mal. Molly se retrouve seule à la veille de son accouchement: son compagnon disparaît, fuyant ses nouvelles responsabilités imminentes. Nadia s'inscrit dans un club de rencontre, espérant trouver un homme qui l'aime. Debbie est partagée entre son fils de neuf ans et sa soif d'aventures nocturnes.

Notre critique:

Loin de l’esthétique outrancière de I Want You, loin de la dénonciation politique de Welcome To Sarajevo et loin du dramatique JUDE, Michael Winterbottom revient là où on ne l’attendait pas: WONDERLAND est une chronique urbaine rayonnante de simplicité et d’humanité. Pour traiter ce sujet typiquement british, Winterbottom a tempéré ses pulsions. Il explore la banalité du commun à travers une série de portraits finement ciselés: près de dix personnages se croisent dans un ballet orchestré de main de maître. En quelques scènes, le cinéaste anglais installe à l’écran un caractère complexe et bouleversant. En choisissant avec précision des mises en situation radicalement opposées pour présenter ses caractères, il leur donne rapidement vie et épaisseur. Et nous implique, émotionnellement, dans leurs déboires…
Derrière la caméra, Winterbottom modère ses figures de style expérimentales. Son travail sur la texture de l’image est constant, mais il se fait plus discret, ce qui renforce son impact. Les couleurs et le grain baignent son film dans un climat incertain, chargé d’émotions, dans lequel on pressent le drame d’un instant à l’autre.

Winterbottom s’entoure d’acteurs et d’actrices talentueux, dont on peut épingler la prestation formidable de Gina Mckee, une Nadia secrète et fragile, qui diffuse une aura douce et juste.

Soyons subjectif: un film de Winterbottom est toujours un événement. Parce que Winterbottom est un réalisateur doué et inventif, qui nous envoie ses films comme des coups de poing bienfaiteurs. WONDERLAND, bien sûr, s’inscrit parfaitement dans la continuité de son oeuvre. Il est mieux maîtrisé. Donc, plus puissant et plus beau. De tels qualificatifs nous inciteraient presque à parler de perfection…

A propos de l'auteur

Journaliste