Equipe:
Durée: 86‘
Genre:
Date de sortie: 07/01/2003
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Suite à un vol de voiture foireux, Cosimo un voyou à la petite semaine, atterrit en prison où il se fait refiler un tuyau sur un coup formidable par son compagnon de cellule, un illuminé condamné à perpétuité. Bien décidé à sortir pour rafler la mise de ce casse inespéré, il charge Rosalind, sa copine, de trouver un pigeon qui accepterait de purger sa peine à sa place. Si les bonnes âmes ne se bousculent pas au portillon pour porter le chapeau, en revanche ce ne sont pas les volontaires qui manquent pour s'associer au juteux cambriolage. Riley, Leon, Basil, Toto et Pero, tous plus loosers, paumés et fauchés les uns que les autres, y voient la chance de leur vie. Avec leurs minables moyens, cette équipe de bras cassés va s'associer pour doubler Cosimo et tenter de perforer le coffre-fort tant convoité. Mais ce coup qui devait être historique ne va pas se passer comme prévu.

 

Notre critique:

Si le mot PIGEON évoque principalement le volatile habitué à picorer au milieu des places de nos métropoles, chez les plus cinéphiles ou anciens d’entre nous il n’est pas aussi sans rappeler les grandes heures de la comédie italienne, celles où Cinecittà rimait avec éclat. Mais comme dit la chanson, je vous parle d’un temps que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître et où le grand écran était encore souvent en noir et blanc. Pourquoi cette amorce « ancien combattant » me direz-vous et quel rapport avec ce petit film des frères Russo où il est question des malheurs d’une bande d’incapables plus bêtes que méchants qui tente de monter le coup du siècle? Tout simplement parce que WELCOME TO COLLINWOOD n’est ni plus et plutôt moins, un fade remake de la comédie sociale et débridée de Mario MonicelliVittorio Gassman, Marcello Mastroianni, Toto et Renato Salvadori campaient cette équipe de pieds nickelés.

Transposant le tout dans un faubourg prolo de Cleveland leur ville natale, les deux frangins conscients que le pari de renouveler la verve et le talent de ces « monstres italiens » était loin d’être gagné, ont pris un soin particulier à s’entourer de ce qui se fait de mieux en matière de seconds rôles de l’autre côté de l’atlantique. Malheureusement si tous essayent de s’en sortir du mieux qu’ils peuvent et malgré une apparition succulente d’un George Clooney toujours aussi en forme dans le registre comique, la farce s’essouffle un peu vite et a tendance à tomber rapidement dans la surenchère burlesque appuyée. Loin de l’émotion et de la mélancolie de l’original qui s’attachait à brosser le portrait d’une bande d’exclus tentant d’échapper à leur misérable destin, cette copie n’en retient que l’aspect comique et gaguesque sans prendre le temps de creuser et fouiller les trognes de ses personnages qui du coup manquent cruellement de mordant. Prévisible et convenu tant dans sa mise en scène que dans ses rebondissements, WELCOME TO COLLINWOOD n’est ni audacieux ni original mais n’en demeure pas moins une sympathique comédie. Et si l’on fait abstraction de son modèle, pour un peu elle pourrait presque mettre de bonne humeur, ce qui n’est déjà pas si mal.

 

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Journaliste

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