Equipe: Ana de Armas, Olivier Assayas, Penélope Cruz, Édgar Ramírez
Durée: 123‘
Genre: Thriller
Date de sortie: 29/01/2020
Cotation: oo (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

La Havane, décembre 1990. René González, un pilote de ligne cubain, vole un avion et s'échappe du pays, laissant derrière lui sa femme et sa fille bien-aimées. Il commence une nouvelle vie à Miami, bientôt rejoint par d'autres dissidents cubains, tous engagés dans la déstabilisation du régime de Castro.

Notre critique:

Olivier Assayas est déjà de retour sur le Lido un an après le décevant DOUBLES VIES. Ce dernier comportait notamment un problème de photographie surprenant qui posait question. Après un problème pareil, on se demandait si Assayas allait encore commettre les mêmes erreurs. Sur le papier, WASP NETWORK est un projet assez excitant. Tout d’abord parce qu’Olivier Assayas n’est tout de même pas le dernier venu mais aussi du fait de l’histoire et du casting 5 étoiles. Bref, tous les ingrédients sont réunis pour proposer un projet intéressant.

WASP NETWORK, ou réseau de guêpes en français, est un réseau composé d’agents doubles cubains. Ce sont des agents ayant infiltrés les associations contre-révolutionnaires basées à Miami. Quitter le territoire cubain n’est pas facile pour les citoyens. Ceux qui parviennent à passer les mailles du filet sont donc susceptibles d’être des personnes de confiances et ainsi rejoindre ces associations qui luttent contre le joug de Castro.

Le film démarre plutôt bien. On fait la rencontré de René, pilote qui abandonne sa famille pour tenter de rejoindre la Floride. Il n’est pas le seul puisque, quelques compagnons font de même. C’est ainsi qu’on découvre les différentes associations contre-révolutionnaires. Chacun de ces hommes va devoir faire des choix. Certains seront aussi recrutés par le FBI pour espionner les groupes dont la CANF. Bref, les enjeux politiques sont nombreux et se jouent entre le gouvernement cubain, les groupuscules contre-révolutionnaires, les institutions américaines mais aussi les familles des hommes qui fuient Cuba, victimes des agissements de leur époux. Une fois les personnages, décors et enjeux posés, le film commence à dériver.

Deux domaines posent de gros problèmes. Le premier est le scénario. L’histoire est relativement complexe mais n’est pas assez bien écrite ni travaillée. Cela manque de structure et le déroulement de certains événements semble presque aléatoire. Ce sentiment de foutoir général est malheureusement renforcé par le montage, probablement l’un des pires vus au cinéma depuis de nombreuses années. La chronologie n’est pas claire, les événements non plus, les rôles joués par certains non plus et ainsi de suite. C’est complètement déstructuré et n’a aucun sens. Au bout d’une bonne heure quart, une séquence en voix off arrive pour expliquer un point précis du récit et accélérer le film. Le problème c’est que cela ne fait pas sens puisqu’elle surgit de nulle part et n’a aucune logique avec le semblant de structure qu’il y avait jusqu’à ce moment là. Le tout est couronné par des transitions en fondus d’un goût plus que douteux.

Le casting tente tant bien que mal de faire bonne figure mais cela ne suffit. Dieu sait pourtant que Penelope Cruz, Edgar Ramirez, Ana de Armas, Gael García Bernal ou encore Wagner Moura ont énormément de talent. Les personnages sont incarnés, crédibles. Ils s’en sortent donc bien mais, malheureusement, leur prestation est mise à mal à cause des problèmes d’écriture et de montage.

WASP NETWORK n’est pas qu’une petite catastrophe, c’est une véritable calamité. C’est honteux d’avoir des problèmes d’aussi grande nature à un niveau d’expérience pareil. Ce n’est pas un premier film avec peu de moyens, c’est le xième film d’un réalisateur bien établi et soutenu par de grandes chaines de télévision. Un travail de meilleure qualité est un minimum syndical! Mais le pire c’est que WASP NETWORK ne l’atteint même pas. Les attentes étaient élevées, la déception est immense!

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A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Ce jeune passionné de cinéma, formé entre autres au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, affectionne en particulier Steven Spielberg, Terrence Malick et Alejandro Gonzalez Iñárritu. Il écume avec passion les visions de presse et les nombreux festivals belges, où il s'est déjà retrouvé juré (Brussels Film Festival, Festival du Film d'Amour de Mons, Festival du Film Policier de Liège...), tout en officiant par ailleurs pour les pages culturelles de La Libre Belgique.