Equipe: Dakota Fanning, David Koepp, Justin Chatwin, Miranda Otto, Steven Spielberg, Tom Cruise
Durée: 116‘
Genre:
Date de sortie: 05/07/2005
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

La terre part en guerre. Une version contemporaine de l'incontournable classique de H.G. Wells. Ce thriller de science fiction révèle l'extraordinaire lutte pour le futur de l'humanité à travers les yeux d'une famille américaine dissolue qui se bat pour survivre.

Notre critique:

Steven Spielberg n’’est pas Roland Emmerich! Certes, il ne faut être Madame Soleil pour avancer une telle vérité, mais l’auteur de JAWS et de MINORITY REPORT enfonce définitivement le clou avec THE WAR OF THE WORLDS.
Oui, on peut réaliser de l’’excellent divertissement de masse tout en ayant une intrigue éculée, des effets spéciaux gigantesques, une superstar scientologue comme acteur et co-producteur tout en y distillant un discours politique ironique et tellement juste.

Tout d’abord, il y a un bouquin, celui de H.G. Wells, et un scénario. Ce dernier est signé David Koepp; le metteur en scène de STIR OF ECHOES et SECRET WINDOW est aussi et principalement un scénariste à succès garant d’une transposition fidèle qui privilége souvent les personnages à l’intrigue. BAD INFLUENCE, CARLITO’S WAY, SNAKE EYES, MISSION: IMPOSSIBLE, PANIC ROOM, JURASSIC PARK et autres SPIDER-MAN sont à inscrire à son palmarès.

Spectacle beaucoup plus intelligent qu’il n’y paraît, THE WAR OF THE WORLDS va désarçonner les amateurs de blockbusters cousus de câble blanc et totalement décérébrés. En effet tant scénario que mise en scène s’éloignent des canons du genre. Les affrontements entre militaires et tripodes ne servent à rien? Eh bien, on ne les montre pas! Notre personnage principal n’’est pas un héros, loin de là? C’est pas grave, on fera une science-fictionnerie sans crâneur. Et ainsi de suite… Spielberg détricote les codes et nous tisse une superbe toile ou la flamboyance de sa mise en scène explose.

Ainsi THE WAR OF THE WORLDS est l’histoire d’une extermination vue à hauteur d’homme. On voit bien là ce qui a pu séduire Steven Spielberg et pourquoi il a foncé tête baissée dans ce projet qui s’est monté extrêmement rapidement. Science-fiction, extra-terrestres, affrontements, famille et extermination sont les mamelles d’un cinéaste toujours en proie aux mêmes démons. Se concentrant sur la vision de son personnage principal et du monde, il métamorphose Tom Cruise en symbole. Celui des Etats-Unis actuels. Et tous les gimmicks, on pourrait presque dire stéréotypes (- ‘D’où viennent-ils? – D’autre part, d’en haut? – Tu veux dire d’Europe?’ sic), y passent et n’épargnent personne. Et surtout pas un pays qui alimente son autodestruction (ceux qui ont lu le livre ou la version de Byron Haskin devineront de quoi je parle quand on sait que les USA ne veulent toujours pas ratifier le protocole de Kyoto).

Sans jamais sacrifier au spectaculaire gratuit, Spielberg tient les rênes de l’’entreprise et Tom Cruise a le mord en bouche. Cadenassant acteurs et techniciens (Williams n’a jamais autant été muselé), le maître d’œuvre à tout le monde sous sa botte, pour notre plus grand plaisir! Et n’ergotons pas sur les deux derniers plans qui ne servent que d’habit émotionnel au personnage principal!

THE WAR OF THE WORLDS combine la science-fiction parano de la grande époque, une mise en scène épatante bourrée de clins d’oeil à la propre filmo du réalisateur et un sens de l’’épure carrément séduisant quand on constate l’’ampleur d’’un tel projet. Chapeau bas!

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