Equipe:
Durée: 90‘
Genre:
Date de sortie: 07/06/2005
(cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Nord Est de la Turquie. 1975. Les employés du recensement arrivent dans le petit village portuaire de Tirebolu. Alors qu'ils entrent dans la maison de Ayshe, la soeur aînée de celle-ci, Selma, profondément troublée, s'effondre, mourante... Après l'enterrement de Selma, Ayshe sombre dans le désespoir et s'enferme dans un mutisme en se remémorant de vieux souvenirs...

 

Notre critique:

Décidément les génocides dus aux populations turques font beaucoup parler d’eux en ce moment, et c’est certainement une bonne chose! Après celui des Arméniens, toujours pas reconnu d’ailleurs par le gouvernement, c’est celui des Grecques de la région de la Mer Noire au début du 20e siècle qui sert de toile de fond à cette étude de moeurs tout en nuances.

En choisissant comme personnage principal, une grecque qui a tu son passé pour pouvoir rester dans son village au bord de la Mer Noire, la réalisatrice Yesim Ustaoglu a bien évidemment voulu pointer du doigt les difficultés du gouvernement turc à accepter un passé tumultueux durant lequel, sous le couvert de faire de la Turquie une nation unie et forte, le pouvoir turc a chassé et souvent exterminé les minorités qui le gênaient. Et pour enrichir son propos, elle montre à quel point cette pression du pouvoir peut influer sur la vie ordinaire de Ayshe, la contraignant à renier son passé, à trahir en quelque sorte son frère en se cachant et à conserver son identité réelle comme un secret.

Si les dialogues sont rares, la richesse des situations et les connotations culturelles viennent nourrir notre imaginaire et notre soif de comprendre. Et la beauté des paysages changeant au fil des saisons, les images fortes et étranges (Ayshe portant Selma sur son dos, les enfants tout habillés ramassant le poisson dynamité sous une pluie torrentielle) sont autant d’appels à nos sens pour renforcer notre intérêt au-delà d’un point de vue culturel, politique et social plus difficile à saisir.

Et heureusement, si il nous est très difficile à nous, occidentaux du 21e siècle de comprendre et de ressentir les motivations de Ayshe, il nous reste la possibilité de s’interroger sur des faits historiques complexes et de leur impact sur les individus au travers de films comme WAITING FOR THE CLOUDS.

 

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...