Equipe:
Durée: 97‘
Genre:
Date de sortie: 28/04/1998
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

"Le chien est plus intelligent que sa queue. En effet, si c'était le contraire, ce serait la queue qui remuerait le chien."

C'est sur cette remarque sybilline que s'ouvre la nouvelle réalisation de Barry Levinson, décidémment très prolifique ces derniers temps (Malgré les trompeuses apparences de leurs dates de sortie belge respectives, WAG THE DOG a été réalisé avant SPHERE. ).. Comme vous ne pouvez pas vous en douter à la lecture de cette phrase, il y est question des manigances entreprises par le conseiller en communication (Robert De Niro)du président des USA pour maintenir les chances de réélections du président alors que celui-ci est accusé d'avoir sexuellement harcelé une adolescente. Pour distraire les électeurs de cette fâcheuse affaire, le conseiller n'imagine rien de mieux que d'inventer de toutes pièces un conflit entre les USA et l'Albanie. Et pour être sûr que ce conflit inexistant ait le meilleur impact sur le public, il en confie la production à un des meilleurs producteur (Dustin Hoffman) de Hollywood.

Notre critique:

Avec pareille histoire, il va de soi que WAG THE DOG est une comédie caustique sur la manière dont le gouvernement américain manipule son bon peuple en créant de toutes pièces l’information nécessaire à la poursuite d’objectifs pas toujours avouables.
Manifestement, les dérives de la guerre du Golfe ont marqué les esprits.

Le scénario de David Mamet (HOUSE OF GAMES, THE UNTOUCHABLES) et Hilary Henkin (ROMEO IS BLEEDING) développe des situations absurdes où le grotesque cotoie une noirceur indéniable. Hollywood et la Maison Blanche en prennent pour leurs grades respectifs et on se dit qu’une fois de plus, c’est le bon peuple qui se retrouve dindon méprisé d’une farce qui n’a plus rien de drôle. On regrettera tout de même face aux qualités réelles du scénario, la mollesse de réalisation de Barry Levinson. Ce sujet demandait quelqu’un de plus tranchant que le réalisateur de RAIN MAN, TOYS et SLEEPERS. Sa mise en image est maladroite et truffée de mauvaises idées comme ces subits zooms avant qui ponctuent souvent les dialogues. Heureusement, cette réalisation décevante est compensée par une affiche juteuse puisqu’elle nous offre un face à face Robert/Dustin, ce qui a de quoi faire saliver tout amateur de cinoche classiquement constitué. Leur prestation est sobre et de bon goût. Mais, à l’image de la réalisation, elle aurait peut-être pu se permettre ce léger grain de folie qui aurait mieux convenu au côté délirant du scénario. A force de ne pas vouloir forver le ton, on en arrive à un résultat manquant de sel. Ce résultat est d’autant plus étonnant que Levinson a par ailleurs produit pour la télévision THE SECOND CIVIL WAR de Joe Dante qui sur un sujet cousin (On y suit comment un conflit mineur entre un gouverneur d’état et le gouvernenment fédéral, incroyablement relayé par les médias, fini par déboucher sur une deuxième guerre civile) produit un film également virulent, mais fichtrement plus dynamique.

Il n’en reste pas moins que l’on peut être admiratif devant cette capacité du cinéma américain à porter un regard critique virulent sur son comportement. Même si cela ne fait pas changer les choses, la démarche est salutaire. A titre d’exemple, on attend toujours une production française avec des artistes de renoms qui traiterait sans hypocrisie de la collaboration franco-allemande de 40 à 45 ou du rôle des services secrets français pendant la guerre d’Algérie, ou encore du rôle de la diplomatie française dans le génocide rwandais.

En dehors de ça, si après avoir vu le film, quelqu’un a une explication concernant la phrase introductive, qui n’hésite pas à me contacter.

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Journaliste