Titre français: Le Village Des Damnés

Equipe:
Durée: 98‘
Genre:
Date de sortie: 11/06/1996
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Un jour à Midwich, tout le monde tombe inexplicablement inconscient pendant quelques heures; toutes les femmes se retrouvent alors enceintes et neuf mois après mettent au monde onze magnifiques enfants blonds, d'apparence angélique mais surtout extraterrestres et dangereux. Des monstres au visage de chérubins. Télépathes et meurtriers.

 

Notre critique:

John Carpenter est un habitué des remakes. Et un bon d’ailleurs. Il y a déjà fort longtemps, il avait habilement transposé RIO BRAVO dans l’époque moderne avec l’étonnant ASSAULT ON PRECINCT 13; il avait aussi transformé le maccarthyste THE THING en un sommet d’horreur contemporaine. Avec un aussi beau palmarès, il nous avait fait baver devant son projet d’actualisation du VILLAGE OF THE DAMNED, le classique des années soixante. On a salivé pour pas grand chose. Son JOHN CARPENTER’S VILLAGE OF THE DAMNED est un bien triste machin.

L’histoire de départ est une des plus intelligentes du cinéma fantastique.

En introduisant le doute chez les extraterrestre et en étoffant le rôle des femmes, Carpenter apporte des variations subtiles et intéressantes à l’histoire originale. Mais ses bonnes intentions sont vite effacées par des maladresses inhabituelles. Contrairement à THE THING, entièrement recréé par les magnifiques excès gore, THE VILLAGE OF THE DAMNED est entaché par des effets horrifiques inutiles, médiocres et laids qui arrivent trop vite, sans progression, mal à propos, en désaccord complet avec la finesse de l’histoire.

John Carpenter avait réussi une approche nouvelle du genre avec IN THE MOUTH OF MADNESS. Ici, il a régressé de dix ans, baignant dans l’illusion que ses pauvres effets surannés portent encore un quelconque message. Comme Clive Barker dans LORD OF ILLUSION, il se retrouve prisonnier de l’imagerie la plus racoleuse, la moins profonde d’un certain cinéma fantastique dont il était le créateur. C’est triste, Carpenter a un train de retard.

Va-t-il se rattraper avec LOS ANGELES 2017 la suite de NEW YORK 1997? C’était un de ses plus grands succès, mais pas un de ses meilleurs films.

 

A propos de l'auteur

Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.