Equipe: Cédric Kahn, Céline Sallette, David Gastou, Mathieu Kassovitz
Durée: 106‘
Genre: Drame
Date de sortie: 28/10/2014
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Alors que Paco a à peine quitté la roulotte familliale en voiture, Nora, sa compagne, s’en va précipitamment avec leurs trois enfants, Tsali, Thomas et Okyesa, pour rentrer chez ses parents et quitter définitivement cette vie nomade imposée par son conjoint...

Notre critique:

Fait divers français de la fin des années 90, l’affaire Xavier Fortin avait défrayé la chronique puisque ce père avait enlevé deux de ses enfants, les soustrayants au système scolaire, et s’était caché avec eux en pleine nature pendant plus de 10 années, avant de se faire arrêter pour des faits de ‘soustraction de mineurs par ascendant’.

Pour le film, Fortin devient Fournier, un homme qui choisit de vivre en marge de la société et entraîne ses enfants derrière lui pour leur éviter de devenir des robots formatés, prisonniers d’un système. Ce jusqu’au-boutiste impose ce choix de vie plus par la persuasion que par la force à des enfants fascinés par l’aura du père. En luttant à outrance contre la norme, il s’inscrit finalement dans une autre norme.

En sa basant sur le livre écrit par les deux fils de Fortin, le réalisateur Cédric Khan (UNE VIE MEILLEURE) suit cette cavale par petits sauts dans le temps comme il a suivi autrefois celle de Roberto Succo dans un film homonyme. A la fois dans le détail des caractères des personnages et dans le survol de pans de l’histoire de Fortin et de ses fils, il brosse un portrait le plus objectif possible laissant aux interprètes le soin de transformer l’essai.

C’est Mathieu Kassovitz, dans sa face acteur, qui se fond dans la peau du sauvage et entêté Philippe Fournier alias Xavier Fortin. Il a juste ce qu’il faut de farouche et d’indomptable qui correspond bien au personnage. Les adolescents interprètes des enfants sont eux aussi dans le ton, et l’excellente Céline Salette (DE ROUILLE ET D’OS) offre une prestation sensible de la compagne de Fortin-Fournier.

VIE SAUVAGE a au final plus d’un intérêt: il remet au centre d’une histoire les relations particulières entre un père et ses fils, éclaire d’une objectivité intéressante une cavale étonnante à plus d’un titre (surtout par sa durée) et illustre les limites du retour à la nature que beaucoup au cours des 30 dernières années ont voulu prôner. Et c’est pour tout cela qu’il mérite une vision sans attendre.

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A propos de l'auteur

Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...