Titre français: Utoya July 22

Equipe: Aleksander Holmen, Andrea Berntzen, Anna Bache-Wiig, Erik Poppe, Siv Rajendram Eliassen, Solveig Koløen Birkeland
Durée: 93‘
Genre: Drame
Date de sortie: 05/12/2018
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Ile d’Utoya, nord-ouest d’Oslo. C’est là que se déroule le camp d’été de la ligue des jeunes du parti travailliste. Et c’est là que l’on suit une jeune fille certaine d’être en sécurité sur l’île alors qu’une explosion vient d’avoir lieu à Solo dans un quartier de bureaux...

Notre critique:

Après 22 JULY de Paul Greengrass (voir l’interview que nous avons réalisé ici) présenté à Venise et disponible sur Netflix, UTOYA 22. JULI est le deuxième film sur l’attentat d’extrême droite perpétré par Anders Behring Breivik le 22 juillet 2011. Deux films sur le même sujet mais fondamentalement différents. Le premier s’attache à l’après 22 juillet (la réaction du gouvernement norvégien notamment), le deuxième suit l’événement lui-même de bout en bout.

UTOYA 22. JULI se veut une retranscription presque en temps réel des 72 minutes d’horreur vécues par les jeunes gens présents sur l’île. Pour ce faire, Erik Poppe, réalisateur norvégien, a choisi de mettre en scène son récit sous forme d’un long (faux) plan séquence qui suit (presque) en permanence le point de vue de Kaja.

On suit ainsi les angoisses des jeunes face à l’attentat d’Oslo et puis ensuite la peur panique de ces mêmes jeunes qui entendent les premiers coups de feu et qui voient les premiers morts sur l’île. Et ce qui frappe dans UTOYA 22. JULI, c’est que la terreur naît de l’ignorance pour les protagonistes mais aussi de la connaissance des spectateurs du fait divers. Cette terreur est évidemment renforcée par l’absence en visuel du tueur qui n’est présent qu’au travers des coups de feu tirés (et par une silhouette au loin sur la falaise).

En jouant aussi sur des airs de films d’horreur à la BLAIRWITCH et autres films de “found footage”, le film renforce l’identification aux différents protagonistes, révélant force et faiblesse des personnages au travers de leur comportement face au danger.

Vraie fiction, tout en étant complètement inspirée par ce fait divers terrifiant (77 morts, 99 gravement blessés!), UTOYA 22. JULI ne laisse aucun échappatoire au spectateur, et malgré quelques moments un peu longs (alors que la dynamique du récit est forte), est un moment de cinéma édifiant et très prenant!

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...