Equipe:
Durée: 116‘
Genre:
Date de sortie: 29/04/1997
(cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Obsédé par le meurtre de sa femme dont on l'accuse à demi-mots, David Krane (Ray Liotta) vit son existence de médecin-légiste dans une déprime constante. Les travaux du Dr Martha Briggs (Linda Fiorentino) lui donnent un espoir d'enfin découvrir le véritable assassin: la belle laborantine a mis au point un sérum extrait des tissus cérébraux qui transmet la mémoire. Il s'injecte aussitôt la mémoire de sa femme (et d'autres victimes en passant) et relance l'enquête avec la conscience sauvagement altérée...

Notre critique:

On a toujours curieusement considéré John Dahl comme un maître du film noir. Soyons sérieux: si ces histoires étaient typiquement « noires », sa mise en scène paresseuse et son humour parfois involontaire (son RED ROCK WEST flirtait avec la parodie), lui interdisent ce titre. Sa seule véritable réussite était d’avoir donné à incarner à Linda Fiorentino la femme fatale la plus vénéneuse de l’histoire du cinéma. C’était dans THE LAST SEDUCTION, un film par ailleurs assez molasson.

Or donc, avec UNFORGETTABLE, surprise. C’est un thriller sentimental et morbide où John Dahl fait preuve d’une maîtrise dont on pouvait le croire incapable. Grâce à son montage athlétique, il parvient à mélanger la complexité du scénario (l’enquête est un véritable puzzle de lambeaux de mémoire) à un poids sentimental oppressant: en s’injectant les mémoires de victimes de meurtres violents, Ray Liotta en a vraiment TRES GROS sur le coeur à la longue. Les accords lancinants de Christopher Young renforcent l’effet avec élégance.

Sans être novateur (on sent plâner le spectre de VERTIGO), UNFORGETTABLE tient franchement la route. C’est une parfaite illustration d’un genre, dans tout ce que cela peut comporter de noble. Aucune personnalité dans le propos, mais cela n’a pas d’importance. John Dahl est bien meilleur en artisan consciencieux du thriller qu’en faux auteur de film noir.

Note pour ceux qui espèrent revoir Linda Fiorentino en bombe sexuelle: c’est rapé. Ici elle interprète une laborantine discrète pleine de tics de timidité…. Flûte alors!

A propos de l'auteur

Christophe Bruynix
Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.