Equipe:
Durée: 100‘
Genre:
Date de sortie: 27/09/2005
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Jeune couple rangé, Julien et Cécile ont décidé de franchir le pas et de vivre sous le même toit. Alors que cela fait seulement quelques semaines qu'ils ont emménagé dans leur nouvel appartement, un soir en rentrant de la vidéothèque de Paris où il est technicien, Julien croise dans le hall de l'immeuble une étrange jeune femme visiblement apeurée. Hébétée, le regard hagard, court vêtue et les pieds nus, elle semble demander de l'aide, mais la vitre qui les sépare empêche Julien de comprendre ce qu'elle lui dit avant que sa silhouette fantomatique ne finisse pas s'enfuir sous une pluie battante. Quelques jours plus tard, le hasard les réunit à nouveau dans un supermarché, mais la fille perdue de l'autre nuit s'est désormais transformée en une élégante et séduisante mère de famille. Piqué dans sa curiosité, sans trop savoir pourquoi, Julien va mener l'enquête et suivre à son insu cette attirante voisine. Il apprend ainsi qu'elle se prénomme Gabrielle et souffre de violentes crises de somnambulisme.

 

Notre critique:

C’était il y a deux ans, pour son premier long métrage (LES CORPS IMPATIENTS) Xavier Giannoli s’offrait la tête de la petite Smet et sous prétexte qu’elle osait nous y dévoiler un peu de son anatomie et surtout avait pour les besoins du rôle comme on dit, accepté de se raser complètement la tête, tout le monde ou presque s’accordait pour célébrer le talent de la fifille de notre Johnny national et qualifier le jeune réalisateur de fils légitime de Pialat (malheureusement déjà plus là pour donner son avis). Lorgnant cette fois-ci du côté du film noir aux accents psychanalytiques, c’est plus vers Truffaut, Hitchcock ou encore Jean-Claude Brisseau que Xavier Giannoli fait des œillades appuyées, s’offrant même le luxe d’ insérer un extrait du NOSFERATU de Murnau pour illustrer ses propos.

Thriller amoureux à la lumière glacée où il est question de fascination, d’infidélités, de secrets refoulés et de somnambulisme, UNE AVENTURE ressemble malheureusement plus à un exercice de style chic et maniéré qu’à un intriguant et surprenant mélo. Si les tâtonnements et hésitations de son réalisateur qui semble avoir un peu de mal à mettre de l’ordre dans ses références cinématographiques sont en partie responsables d’un scénario de guingois, le manque d’épaisseur et de vérité de son couple vedette rend le tout difficilement crédible et attachant. Car ironie du sort, le trouble et la densité dramatique viennent ici plus des personnages secondaires et des acteurs qui les habitent que de Nicolas Duvauchelle jouant une fois de plus de sa belle gueule boudeuse (cette fois d’une manière inopérante) et de Ludivine Sagnier pas des plus convaincantes en femme fatale vénéneuse. Prometteur et plein de bonnes intentions sur papier, ce second film de Xavier Giannoli a finalement des allures de pétard mouillé qui a bien du mal à nous réveiller.

 

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Journaliste

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