Titre français: Incassable

Equipe:
Durée: 108‘
Genre:
Date de sortie: 26/12/2000
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

David Dunn est le seul rescapé d'une terrible catastrophe ferrovière. Comment a-t-il survécu? Personne ne peut le dire. Sauf un mystérieux vendeur de bande dessinée, handicapé par une fragilité anormale des os, qui prétend que David Dunn serait en fait... un super-héros!

Notre critique:

UNBREAKABLE est avant tout le film d’un auteur. On peut aisément y déceler la patte de cet américain de réalisateur d’une petite trentaine d’années propulsé dans les strates et les paillettes hollywoodiennes depuis le fulgurant succès de son précédent métrage LE SIXIEME SENS.

M. Night Shyamalan, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est un grand metteur en scène doublé d’un bon et très intelligent scénariste. Il construit ses histoires autour de fortes charpentes. Un de ses atouts majeurs se situe d’ailleurs dans la manière avec laquelle il aborde le fantastique. Chez lui, ce genre se trouve au centre de ses protagonistes et non dans une quelconque image de synthèse ou au détour d’une rencontre avec un monstre baveux. Ainsi, cet axe permet au spectateur de se focaliser sur des gens apparemment sans histoire forçant par ce biais l’identification. Dès lors, il devient facile au maître de séance de trimbaler un public acquis dans un univers qu’il contrôle parfaitement jusqu’à son dénouement final.

Oui, on retrouve dans UNBREAKABLE (INCASSABLE) un point d’orgue vaguement similaire au final « je-te-retourne-comme-une-crêpe » du SIXIEME SENS, sauf qu’ici il joue plus la carte du prolongement de l’histoire que le côté surprise totale. Outre l’impeccable écriture dont fait preuve l’ouvrage, il faut souligner la force de sa réalisation. Loin de singer ses confères du box-office voués au culte MTV, cette fiction est construite autour de longues séquences magistralement orchestrées imposant un rythme lent mais éminemment riche et précis.

On pourra pointer trois angles d’attaque adéquats en regard au développement scénaristique. Le premier est distant, la caméra y joue le rôle d’observateur-voyeur, nous invitant à rentrer dans le monde fissuré de David Dunn, héros involontaire de notre histoire. Le deuxième angle se rapproche des individus accentuant l’enquête qui est menée. Et pour finir, la troisième approche se veut beaucoup plus en phase avec l’action où Shyamalan télescope ses différents styles avec un peu plus de punch.
Côté acteurs, Bruce Willis n’est jamais aussi bon que lorsqu’il ne mène pas la danse en distribuant des châtaignes et en vociférant des vannes à deux sous à ses victimes en devenir. L’effet Piège de Cristal se voit dissipé au profit d’une interprétation nuancée. Face à lui, Samuel L.Jackson est impeccable, mais chuuut, n’allons pas plus loin!

A la lecture de ses lignes, vous aurez remarqué que vous ne savez toujours rien de l’histoire et vous n’en saurez pas grand chose de plus in fine mis à part que tout tourne autour d’un homme à la recherche de sa place sur la Terre. Ce vaste sujet prend de jolies proportions dans ce très agréable divertissement (dénué d’explosions!) qui ne cesse de jouer avec vos méninges.
Donc pour laisser une place entière et de choix au suspense, nous n’en déflorerons nullement l’intrigue. On peut juste vous signaler qu’au sortir de celui-ci, certains auront peut-être décodé les tenants et les aboutissants de cette quête de soi. Et puis, il y aura ceux qui reconnaîtront l’esthétique ravageuse et l’ingénieuse mise en place d’éléments tant visuels que narratifs. Enfin, il y aura les derniers, heureux comme des pinsons après s’être laissés bercer par un scénario nébuleux mais charmeur qui réveillera une part de l’enfant qui sommeille en chacun d’eux.

A propos de l'auteur

Journaliste