Equipe:
Durée: 125‘
Genre:
Date de sortie: 04/03/1997
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

TIERRA, ça parle d'amour. Et aussi des cochenilles qui dans un coin d'Espagne infestent les vignes et donnent au vin un goût de terre. TIERRA, c'est l'histoire d'un homme qui essaie de vivre avec son imagination, avec sa folie. C'est l'histoire d'un homme qui veut comprendre pourquoi il est sur cette terre.

Notre critique:

TIERRA c’est un film de Julio Medem dont on avait pu découvrir L’ARDILLA ROJA au Festival du Film Fantastique de Bruxelles en 1995. Il fait partie de cette nouvelle vague de réalisateurs espagnols dont les représentants les plus connus sont aujourd’hui Bigas Luna (JAMON, JAMON) et Alex de la Iglesia (EL DIA DE LA BESTIA). Une nouvelle vague initiée en son temps par Pedro Almodovar auquel il convient toutefois de ne pas la résumer.

Medem partage avec Almodovar un goût prononcé pour les histoires tarabiscotées même si sa mise en scène est plus proche de celle de Bigas Luna. Le résultat de ce mélange donne des films face auxquels le spectateur doit impérativement lacher ses repères habituels sous peine de rester hors jeu. En l’occurrence, il faut accepter de suivre Medem et son ingénieur agricole schizophrène chargé d’éradiquer les cochenilles. Ce n’est pas chose aisée car la structure du récit déroute. Au bout de trente minutes de film, il est impossible de savoir sur quel(s) chemin(s) le réalisateur nous emmène. Il faut lui faire confiance et accepter de le suivre les yeux et l’esprit grand ouverts au gré de ce qui parait être d’innombrables disgressions. Au fil du temps et des images souvent très belles, les différents éléments vont prendre leur place et s’agencer les uns par rapport aux autres pour devenir cohérents. Les tonalités de l’ensemble seront peut-être et même sûrement sensiblement différentes pour chaque spectateur mais le motif dessiné sera commun à tous. Au sein de ce motif, le surréalisme propre à la culture hispanique et la poésie tiennent une place prépondérante.

Si vous vous laissez aller, TIERRA est susceptible de vous pousser à une rêverie qu’il serait dommage de combattre. Et si vous avez besoin d’une raison pour rêver, dites-vous que cela est bon pour votre équilibre. Après la vision du film, si vous n’êtes pas d’accord, envoyez-moi un mail. Nous en discuterons.

A propos de l'auteur

Journaliste