Equipe:
Durée: 157‘
Genre: Drame
Date de sortie: 19/02/2008
(cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Daniel Plainview creuse seul au milieu de nulle part... Alors qu'il fait sauter à la dynamite une de ses galeries, il tombe de son échelle et se casse une jambe, tout en découvrant un nouveau gisement. Pour cet homme obstiné, c'est le début de la grande aventure de l'or noir...

Notre critique:

BOOGIE NIGHTS et MAGNOLIA ont établi, avec raison, Paul Thomas Anderson comme un des jeunes réalisateurs les plus talentueux de sa génération. Avec PUNCH-DRUNK LOVE, ovni cinématographique, il avait peut-être laissé sur le carreau quelques-uns de ces fans, tout en démontrant une maestria indéniable et en parvenant à séduire le jury de Cannes présidé par David Lynch cette année-là (2002).

Ce THERE WILL BE BLOOD va certainement à nouveau rassembler tout le monde, critiques et spectateurs, dans une unanimité sans restrictions! Se payant le luxe de nous placer une bonne dizaine de minutes de cinéma presque sans dialogues en début de son nouvel opus de près de 2h40, Paul Thomas Anderson nous envoie au fond des pupilles un exercice de cinéma comme on aimerait en voir plus souvent…

Comme si cela ne suffisait pas, Daniel Day Lewis, homme trop rare au cinéma, nous livre ici une de ses toutes bonnes prestations, se glissant dans le cuir tanné d’un Daniel Plainview, homme sans concessions, et le portant tout au long du film. En face de lui, Paul Dano, acteur nettement moins connu et vu notamment dans LITTLE MISS SUNSHINE, est tout aussi remarquable d’ambiguïté que son aîné: face d’ange et prêcheur ambitieux, il sera clou dans la botte de Daniel pendant des années…

Film à l’atmosphère oppressante appuyée par une musique orchestrale imprimant le rythme de l’ensemble, THERE WILL BE BLOOD est un concentré de personnages, de situations et d’images re-dou-table! Avides, cruels, ambitieux, les personnages se débattent dans un monde où la foi revêt des visages divers et variés. Daniel a foi dans l’or noir mais pas dans les hommes, Eli en un Dieu mais encore plus en lui-même… Les situations sont fortes et s’enchaînent avec efficacité, sous-tendant une action qui ne faiblit jamais, tandis que les images et la photographie souvent crépusculaires portent l’ensemble au firmament du cinéma. A ne manquer sous aucun prétexte…

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...