Equipe:
Durée: 98‘
Genre:
Date de sortie: 22/08/2000
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Steven Grlscz a l'apparence d'un citoyen normal. Quoique. Après avoir sauvé une jeune femme du suicide, il la séduit... avant de lui plonger ses canines dans le cou. Car Steven est un vampire qui ne peut se nourrir que du sang des femmes qui l'aiment. Dès qu'il rencontre Anne, la parade amoureuse commence. Mais cette fois, c'est le monstre qui est charmé.

Notre critique:

Le romantisme sombre qui baigne les films de vampire a rarement été aussi exacerbé. Croisement entre le polar noir, le film fantastique et le film d’auteur, THE WISDOM OF CROCODILES a été récompensé par le Méliès d’argent au Festival du Film Fantastique de Bruxelles 99.

Quelle étonnante combinaison: une production britannique pour un réalisateur hong kongais. Ce cocktail donne à l’écran un résultat envoûtant, dominé par l’émotion et la pureté des images. Po-Chih Leong plonge son récit dans l’ambiguïté et nous sème dans la jungle des sentiments contradictoires de ses personnages. Le vampire et son amante ne révèlent leur vrai visage que lors d’un final convenu, certes, mais magnifiquement amené.

Parfaitement en phase avec son scénario, Leong adopte une mise en scène sophistiquée, trouble car sans cesse remise en question. Le travail sur les couleurs est particulièrement remarquable et impose une esthétique cohérente et puissante au sein de laquelle les deux acteurs principaux brillent de leurs mille feux.
Jude Law incarne un vampire sulfureux, amoureux peut-être, affamé sûrement. Après EXISTENZ et GATTACA, Law continue à choisir ses rôles avec clairvoyance. Brutal et fragile, aimant et haïssant, il joue sur le fil du rasoir, sans faux pas. Anne est interprétée par Elina Löwensohn, l’égérie de Hal Hartley. Son visage effilé si particulier, sa gestuelle irréelle et son accent indéfinissable donnent au personnage la dimension trouble nécessaire.

Po-Chih Leong nous entraîne dans une réalité légèrement décalée où les prédateurs doivent séduire avant de tuer. Dans THE WISDOM OF CROCODILES, l’émotion se teinte de frisson et l’image appelle à la tragédie. Au milieu des productions estivales taillées au burin, voilà un film d’une finesse bien rafraîchissante!

A propos de l'auteur

Journaliste