Titre français: De Beaux Lendemains

Equipe:
Durée: 110‘
Genre:
Date de sortie: 21/10/1997
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Dans une petite ville canadienne, le bus scolaire dérape. C'est l'accident, horrible et inévitable. Presque tous les enfants du village y laissent la vie. Multipliant les points de vue, le scénario dépeint avec minutie la vie d'après, la lutte contre la souffrance du souvenir, et le désespoir de l'absence. Figés dans un monde sans futur, les habitants traversent, chacun à leur manière, cette épreuve du destin.

Notre critique:

En 1994, EXOTICA révélait Atom Egoyan au grand public. On y découvrait son univers mystérieux et envoûtant. Sous la caméra du réalisateur canadien, les scènes les plus ordinaires se teintent de fantastique et de poésie. THE SWEET HEREAFTER est l’aboutissement d’Egoyan. Désormais, il maîtrise parfaitement les images et la narration. Son talent est arrivé à maturité.

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Au départ, il y a un roman de Russel Banks. Egoyan le retravaille totalement. Il transpose l’histoire dans son univers personnel, aux connotations troubles et ambiguës. Il éclate la narration sur différentes époques, tissant une étrange toile de passé, de présent et de futur dans laquelle il emprisonne ses caractères… Il bascule son récit d’un acteur à l’autre, s’attarde sur la vie des uns, remet en scène les souvenirs des autres. Mais la meilleure idée du canadien est de tracer un parallèle avec la légende du joueur de flûte de Hamelin. Elle résume et donne écho à l’ambiguïté de l’histoire.

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Egoyan maîtrise parfaitement le ton. Il évite la surenchère et préfère prendre ses distances avec retenue. Il raconte le drame de l’extérieur, mais pas de trop loin. Il tourne autour de ses personnages, nous les décrit par touches nuancées et subtiles, sans apitoiement ni compassion. Avec la force de la vérité.

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Pour donner chair à ces superbes rôles, Egoyan a réuni des acteurs de tout premier plan, avec en tête Ian Holm (le père d’Andy Garcia dans le NIGHT FALLS ON MANHATTAN de Sidney Lumet) et Sarah Polley, qui débutait, à huit ans, dans THE ADVENTURES OF BARON MUNCHAUSEN.

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Récompensé à Cannes par le grand prix du jury, THE SWEET HEREAFTER est probablement la véritable révélation du Festival 1997. A dix lieues de tout ce qui se fait dans le cinéma aujourd’hui, ce film est la confirmation d’un réalisateur culte, dont le nom a désormais mérité sa place au côté de Kubrick et autres Lynch.

A propos de l'auteur

Journaliste