Titre français: Le Sixième Sens

Equipe:
Durée: 107‘
Genre:
Date de sortie: 28/12/1999
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Cole Sear a huit ans et est hanté par un terrible secret. Ce garçonnet à l'empathie développée est un véritable réceptacle à ondes surnaturelles. Il souffre continuellement de troubles psychologiqes profonds qui vont jusqu'à le marquer physiquement. Enfermé dans sa douleur, il n'ose s'exprimer, de peur de représailles de son établissement scolaire, voire même de sa mère. A la recherche d'une explication rationnelle, le thérapeute Malcom Crowe aidera Cole à résoudre son traumatisme.

Notre critique:

Fatigués des films où les explosions sont légion? Lassés des super-héros débordant de muscles et de pouvoirs extraordinaires? Ecoeurés de la bouillie prémâchée que nous servent en pâture des américains écervelés? Voilà un film qui vous réconciliera avec le cinéma-spectacle alliant intelligence, stars et frisson. Succès imprévisible, THE SIXTH SENSE est une belle réussite. Loin des tambourinantes productions habituelles, elle met en avant un savant dosage de psychologie diluée dans une frissonade comme on les aime…

Se laisser glisser au plus profond d’une histoire, se laisser emporter par cette dernière comme on se promène dans les bois en fantasmant sur des récits glauques: tel est le but visé et la méthode employée par le scénariste et réalisateur M. Night Shyamalan. Alliant une rigueur d’écriture à une mise en image évitant tout débordement, il réussit le pari (presque improbable aujourd’hui!) de surprendre et de maintenir le spectateur – presque en état de léthargie – en haleine. Grâce à un faux rythme, le récit avance lentement mais inexorablement vers le dénouement. La tension monte insidieusement, la parole prend le pas sur les images recluses au second plan. Au lieu d’infester son oeuvre de métaphores clinquantes, il y installe une ambiance feutrée et lourde par ses personnages. Leurs définitions quasi parfaites trouvent une résonance plus approfondie encore en ce jeune garçon déstabilisé par son état mental. Mais, en dehors du spectacle pur, il nous parle de la peur de l’inconnu et fait de sa fiction un reflet sur l’absence de communication entre les hommes qui grignote un peu plus notre quotidien.

Haley Joel Osment incarne avec toute la frayeur imaginable un être perdu dans un monde qu’il ne peut dominer. Point d’accroche principal au film, il donne une densité rare à cet enfant en perpétuel état de choc. Willis lui sert la réplique et s’efface. Au placard les pistolets-laser, les sempiternelles cascades et autres bastonnades: Willis est emprunt aux doutes sur lui-même. Déterminé à comprendre l’enfant, il tentera de retendre sa relation conjugale branlante. Toutefois, Willis n’est, ici, qu’une star prétexte s’effritant derrière le fabuleux potentiel dont regorge THE SIXTH SENSE. Une oeuvre qui s’inscrit dans le quotidien mais baigne continuellement dans l’horreur psychologique.

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Journaliste