Titre français: Predator

Equipe: Boy Holdbrook, Jacob Tremblay, Olivia Munn, Shane Black, Trevante Rhodes
Durée: 107‘
Genre: Action
Date de sortie: 03/10/2018
Cotation: oo (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Les pires prédateurs de l'univers sont maintenant plus forts et plus intelligents que jamais, ils se sont génétiquement perfectionnés grâce à l'ADN d'autres espèces. Alors qu’un jeune garçon devient accidentellement leur cible, seul un équipage hétéroclite d'anciens soldats et un professeur de science contestataire peuvent empêcher l’extinction de la race humaine.

Notre critique:

En 1987, John McTiernan frappa fort en instaurant la mythique créature du Predator dans le monde du cinéma et plus largement la culture populaire. Le film est devenu culte en partie pour cela bien que l’une des autres raisons fut évidemment la présence d’Arnold Schwarzenegger au casting. De nombreuses suites, toutes à la qualité plus ou moins discutables, sont apparues au fil des ans, au point de croiser une autre créature légendaire du cinéma, l’Alien, dans un film médiocre que tout le monde a déjà oublié. Comme il y a une certaine mode aujourd’hui de faire revivre d’emblématiques franchises et séries télé, le Predator ne pouvait y échapper. C’est l’un des comédiens du premier épisode et aussi l’un des réalisateurs les plus excitants de ces dernières années qui s’y est collé : Shane Black. De par sa filiation à la saga, Black était la personne toute trouvée pour redonner vie, ou un semblant de vie, à cette créature qui fascine tant qu’elle intrigue. Shane Black était-il à la hauteur ? On aurait aimé mais ce n’est pas le cas.

L’objectif principal du film n’est pourtant pas mauvais. Il tente d’instaurer une réelle mythologie concernant la créature du Predator. C’est ainsi qu’on découvre comment ils sont arrivés sur Terre, leur fonctionnement, … On ne sait pas tout concernant leur origine et autres mais il y a une tentative de la part des scénaristes d’enrichir l’univers des Predators. C’est un début dirons-nous. Malheureusement, c’est insuffisant. L’histoire en elle-même ne tourne pas uniquement autour de ça. Il est question d’étudier la créature, d’en savoir plus sur son anatomie, ses capacités, son fonctionnement, … Bien sûr, il n’y a pas que les Predators dans le film, il y a aussi et surtout les humains. Cela va des scientifiques aux anciens soldats devenus fous. Ils vont devoir, par la force des choses, travailler ensemble afin de résoudre les problèmes causés par le crash du vaisseau Predator sur la Terre. Tout le scénario est très ténu et léger. C’est à un tel point que ce n’est jamais très intéressant ni même divertissant ou passionnant.

Le premier souci, ce sont les personnages. Ils sont très caricaturaux, trop. C’est nécessaire pour les faire exister mais jusqu’à un certain point. Ici, c’est un foutoir par possible avec des personnages tous plus fous les uns que les autres ce qui crée un joyeux bordel. Cela va dans tous les sens et n’en n’a pas toujours d’ailleurs. Les comédiens qui les incarnent ont parfois l’air perdu se demandant ce qu’ils ont été faire dans cette galère. Il faut dire que devoir se mettre au service d’un film sans vision, sans ambition et sans scénario consistant n’est pas chose aisée. Certains s’en tirent avec mention mais, dans l’ensemble, c’est tout aussi mauvais que le reste. Petite annonce de service, si Hollywood pouvait arrêter d’engager le petit Jacob Tremblay, le monde du cinéma ne s’en porterait que mieux. Qu’il grandisse et revienne au cinéma plus tard, parce que là, ce n’est plus possible.

Shane Black ne fait pas un travail bien meilleur que les autres à la mise en scène. Il fait le « yes man » et signe son plus mauvais film avec cette belle arnaque, ce soufflé retombé dès les premières minutes qu’est Predator. Ce n’est pas faute d’avoir essayé pourtant. L’aspect mythologique de l’univers PREDATOR était une bonne idée mais tellement mal exploitée. Il y avait le champ pour faire mieux, plus ambitieux, plus creusé et développé mais non, ils se sont limités au strict minimum. Ça ne fait pas l’affaire.

Bref, PREDATOR à la sauce 2018 est un ratage de série Z complètement dispensable qui n’est pas à la hauteur des attentes ni même de son ambition de départ. Car l’ambition se sent mais c’est à se demander où elle a disparu.

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A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Ce jeune passionné de cinéma, formé entre autres au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, affectionne en particulier Steven Spielberg, Terrence Malick et Alejandro Gonzalez Iñárritu. Il écume avec passion les visions de presse et les nombreux festivals belges, où il s'est déjà retrouvé juré (Brussels Film Festival, Festival du Film d'Amour de Mons, Festival du Film Policier de Liège...), tout en officiant par ailleurs pour les pages culturelles de La Libre Belgique.