Equipe: Christina Hendricks, Elle Fanning, Jena Malone, Keanu Reeves, Nicolas Winding Refn
Durée: 117‘
Genre: Film d’'horreur
Date de sortie: 15/06/2016
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Los Angeles. Un jeune photographe met en scène des victimes de meurtres dans un décor néo-moderne très coloré. Modèle du moment, Jesse a l’air d’une biche apeurée, ce qui convient parfaitement pour les photos...

Notre critique:

En compétition à Cannes en 2016, THE NEON DEMON est donc le nouveau film du brillant danois Nicolas Winding Refn qui, trois ans après le peu réussi ONLY GOD FORGIVES et 5 ans après son prix à Cannes pour le meilleur réalisateur pour DRIVE, retrouvait le Festival le plus pailleté et glamour du monde.

En ce sens, THE NEON DEMON était parfait pour Cannes. Avec ces décors étonnants, son image travaillée, son côté glamour orienté mode, tout y était dans la forme pour correspondre avec un Cannes de plus en plus people. Malheureusement, le film du réalisateur danois a les défauts de son sujet: en traitant du côté factice des milieux de la mode, en parlant de la beauté comme d’un produit qui se façonne (face à la beauté naturelle de Jesse, l’héroïne, interprétée par une Elle Fanning réellement habitée par le personnage), il fait de THE NEON DEMON un beau produit souvent vidé de son sens.

En somme, dans un monde où l’image prime avant tout, Nicolas Winding Refn fait un film d’images, de formes, de géométrie… et de bande son (heureusement) dans lequel il tente d’insérer une histoire d’horreur qui ne jaillira que dans les 30 dernières minutes du film.

A partir de là, si l’on aime le gore et l’horreur graphique, THE NEON DEMON devient intéressant rappelant THE HUNGER de Tony Scott, lorgnant du côté de la comtesse Bathory (Ruby en est une sorte d’illustration) ou remontant aux croyances primitives du cannibalisme.

Hélas, sur un film de près de deux heures, cela n’est pas vraiment suffisant pour faire passer la pilule un peu trop creuse que tente de nous faire avaler le réalisateur/scénariste même si il faut bien avouer que son talent à déployer des images intenses pour raconter une histoire est absolument incontestable.

Vous aimerez peut-être:

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...