Equipe:
Durée: 90‘
Genre:
Date de sortie: 05/05/1998
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Le point de départ est classique mais émoustillant:

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Pour cette famille de quatre enfants éparpillée aux quatre coins des Etats-Unis, le Thanksgiving est l'occasion de se réunir chez les parents, autour de la sainte dinde. Ils ne se sont plus vus depuis longtemps, la communication n'est pas facile. Et pour cause: certains secrets peu reluisants traînent au fond des mémoires. Des secrets qui, cette fois, vont remonter à la surface. Ils vont en blesser certains, en indifférer d'autres...

Notre critique:

THE MYTH OF FINGERPRINTS a un sujet relativement convenu. Les repas de fête ont souvent été utilisés au cinéma comme déclencheur de règlements de compte familiaux. Le HOME FOR THE HOLIDAYS de Jodie Foster racontait d’ailleurs une histoire bien proche de celle-ci, et c’était il y a quelques années…

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L’originalité ne peut donc pas venir du sujet, ni de la mise en scène, qui, même si elle est vivante, ne réussit qu’à de trop rares moments à décoller au-dessus de la moyenne. Non, l’originalité, Bart Freundlich, scénariste et réalisateur, la cherche dans le ton. Un ton résolument atypique, surprenant même. Le film est feutré, les sentiments sont refoulés, parfois à l’extrême. Seuls signes du malaise: des silences prolongés, des regards chargés d’intensité. Une tension tangible, mais qui n’éclate jamais, même pas à la fin du film. A force d’intérioriser tous ses personnages, Freundlich nous les rend imperméables. Ils sont distants et s’éloignent de plus en plus, au fur et à mesure que les mystères s’éclaircissent. On voudrait qu’ils hurlent, qu’ils réagissent, mais il ne se passe rien de tout cela. C’est nous, spectateurs, qui fulminons! Cette atmosphère si lisse, si nivelée, ne nous emporte pas. Ang Lee, dans The Ice Storm, traite lui aussi ses personnages avec froideur, mais il a un sens du rythme, un sens du crescendo tragique, qui fait cruellement défaut ici.

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Et c’est bien dommage, car Freundlich a avec lui quelques acteurs au mieux de leur forme. Mis en valeur, ils auraient fait un tabac. Roy Scheider (JAWS, THE RAINMAKER) est littéralement époustouflant en paternel taciturne. Il dégage une énergie incroyable, et compose un de ses meilleurs rôles. Julianne Moore (THE LOST WORLD, BOOGIE NIGHTS, THE BIG LEBOWSKY), en soeurette coincée et déphasée, est de nouveau épatante. Enfin, on a l’occasion de découvrir un étonnant premier rôle, Noah Wyle (SWING KIDS, A FEW GOOD MEN), dont la prestation de frère blessé qui se retrouve plongé dans de terribles souvenirs d’enfance est très convaincante.rn

Pour son premier film, Bart Freundlich éveille notre intérêt mais ne nous emballe pas. Sa vision est personnelle et il sait tirer le meilleur de ses acteurs. Il ne sait malheureusement pas encore doser le rythme et, parfois, nous lasse. THE MYTH OF FINGERPRINTS ressemble fort au brouillon d’un enfant doué qui n’a pas encore trouvé toutes ses marques. Laissons-le passer et prenons patience…

A propos de l'auteur

Journaliste