Equipe:
Durée: 122‘
Genre:
Date de sortie: 14/03/2000
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Un jeune attardé mental, Tom Tom, se jette du toit d'un hôtel qui abrite les paumés et les exclus de la société qui survivent tant bien que mal. Tom Tom aimait Eloïse, un ange déchu qui déambule dans les rues sombres de la cité des anges.

Notre critique:

La superbe séquence d’ouverture se déroule sur les toits de Los Angeles. Là, Tom Tom, adolescent innocent éperdument amoureux d’un ange déchu (Milla Jovovich) court… L’action se passe au ralenti, les notes de musique montent, la voix de Bono réchauffe et Tom prend son envol du million dollar hotel. Tout le reste n’est que flashback!

Hormis cette remarquable première scène, le dernier Wim Wenders laisse quelque peu pantois. Décortiquant la population « différente » d’un hôtel abritant dealers, prostituées, artistes ratés, révoltés et déracinés en tout genre, Wenders délaisse une certaine émotion pour un assemblage plus ou moins inspiré d’images d’Epinal. Ses icônes décrépies évoluent dans un contexte à deux vitesses: l’hôtel et sa situation géographique (la Cité des Anges). Le réalisateur se dilue bien vite dans une kyrielle de personnages fort représentatifs des exclus et s’embrouille dans un scénario prétexte maquillé en enquête policière. Celle-ci est menée par un Mel Gibson arborant merveilleusement la minerve et une démarche similaire à Frankenstein. Milla Jovovich, quand à elle, nous ressert son jeu de vierge effarouchée, comme victime d’une douleur non identifiable. Les autres déjantés de service: Peter Stormare, Julian Sands, Tim Roth, Amanda Plummer, nous gratifient de leurs personnages de torturés de service. Heureusement, Jeremy Davies (NELL, LE SOLDAT RYAN), dans le rôle difficile et nuancé de Tom Tom, insuffle candeur, sensibilité et émotions brutes dans une oeuvre figée malgré une bonne idée de départ.

Celle-ci a d’ailleurs éclos il y a quelques années dans la tête d’un Bono en plein tournage du clip ‘Where the streets have no name’. Bien inspiré, il s’est occupé de la bande musicale, ce qui en soi est déjà une grande consolation.

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Journaliste