Equipe:
Durée: 178‘
Genre:
Date de sortie: 18/12/2001
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Le jeune et timide hobbit Frodo Baggins hérite d'un anneau pas comme les autres. C'est l'Anneau Unique, un instrument au pouvoir absolu qui pourrait permettre à Sauron, le noir Seigneur de Mordor, de diriger la Terre du Milieu et réduire ses populations en esclavage. Frodo, accompagné d'une communauté loyale composée de hobbits, d'hommes, d'un magicien, d'un nain et d'un elfe, doit emmener l'Anneau à travers la Terre du Milieu au Mt. Doom, où il a été forgé à l'origine et le détruire pour toujours. Un tel voyage supposait qu'il s'aventure profondément dans le territoire aux mains du Noir Seigneur, là même où ce dernier est occupé à rassembler son armée d'orques. Les démons extérieurs ne sont pas les seuls obstacles que la Communauté devra surmonter: il leur faudra également compter avec les dissensions internes et l'influence corruptrice de l'Anneau lui-même. Le cours de l'histoire future est intimement lié au destin de la communauté.

Notre critique:

En v’là du show, en v’lààà…

Depuis les épisodes IV et V de STAR WARS et la trilogie des Indiana Jones, on n’avait plus ressenti cela au cinéma : la Grande Aventure telle qu’un jour Lucas et Spielberg l’imaginèrent. Malgré toutes les filiations revendiquées, tous les ersatz comico-burlesques du genre de THE MUMMY, plus personne n’avait réussi à bâtir en quelques bobines de pellicule un monde fascinant, des personnages attrayants ainsi qu’un scénario conséquent aussi richement délicieux qu’une pièce montée. Et ce jusqu’à un certain 19 décembre 2001, où un petit bonhomme rondouillard, au savoir-faire démontré de longue date, nous balance en travers des mâchoires de quoi rassasier nos ventres rongés par une dizaine d’années de vaches (trop) maigres…

THE LORD OF THE RINGS est bel et bien une réussite en la matière, mes amis ! C’est un bloc de cinéma pur jus, où les histoires les plus homériques prennent forme, où les personnages vous font oublier pendant près de trois heures qui vous êtes, où les décors redéfinissent le sens du mot et où l’action renvoie les Stephen Sommers, Frank Marshall, Harry Potter et autres EPISODE I au bac à sable. Mais tout cela aurait-il été possible sans la volonté tenace d’un homme, d’un seul ? On a le droit d’en douter…

On entend déjà les persifleurs grommeler avec véhémence : « Comment ose-t-on toucher à ce monument de la littérature populaire, à cette magnifique invitation au voyage et au rêve ? Tout cela n’a en finalité qu’un but uniquement mercantile?». Oui et on dirait même plus : c’était une obligation pour qu’un tel projet puisse voir le jour ! On ne sera pas de ceux qui lui jetteront la première pierre parce que, pour une fois, nous sommes en accord avec ce dicton : « la fin justifie les moyens ! »

Il serait trop simple de dire que le réalisateur néo-zélandais avait sous la main une mine d’or ne demandant qu’à être exploitée ! Quelques-uns s’y sont cassés les dents ! Pour finaliser un tel projet Mister Pete Jackson a investi une grosse pelletée d’années. Sa motivation est tout autre. Elle est celle d’un amoureux de cinéma et d’un fan incontestable de l’oeuvre de Tolkien. Une chance pour tous !

Donc, après trois années de labeur scénaristique, la machine se met en branle et le projet ne cessera de s’amplifier, de se boursoufler au fil des jours. Jusqu’à effrayer les adorateurs du réalisateur et ceux de Tolkien. Ce qui devait être dit, l’est ! Donc, cessons de découper les étapes de la mise en chantier de cette oeuvre pour nous attarder sur son centre névralgique, son coeur éminemment charnel…

Une cohésion totale ! Voilà ce qui frappe le plus au sortir de ce bonheur sauvagement spectaculaire. Un distraction profonde de sens (droit à la différence, sa place dans l’environnement social…), où rien n’a été laissé au hasard. Où tout sent bon la patine, le savoir-faire et l’amour du travail peaufiné, caressé avec amour et baignant dans une violence adéquate sans tomber dans une ostentatoire débauche de trucs. Tout y est au service du récit! Nous ne nous étalerons pas sur toutes les splendides gageures techniques (les hobbits, les monstres ou décors en image de synthèse, les animations 3D…) ni n’ergoterons sur quelques petits détails. Le septième art ne se résume pas à un amas d’effets. Son essence réside autre part, là où le récit emporte le morceau et vous embarque dans une folle expédition où les sorciers s’affrontent à coups de bâton de guerre, où l’on frémit au détour de chaque coin de labyrinthe, où l’on dégaine sa dague pour occire quelques orques, où l’on enfile un anneau pour sauver sa misérable peau et ainsi pénétrer dans la monde des ténèbres, où l’on voyage au centre d’un univers… ça c’est du cinéma ! Evidemment la charge narrative était présente dans la genèse mais sa métamorphose à l’écran s’est effectuée avec une rare intelligence. Il en va de même pour les enjeux des personnages. Certains sacrifices ou promesses qui nous feraient habituellement sourire trouvent résonance dans des protagonistes qui engagent dans chacun de leurs actes les races qu’ils incarnent. De plus, le récit est composé de plusieurs strates. Il évolue comme une toupie endiablée où à chaque minute, chaque mot vient densifier l’ensemble, élargit le cercle du monde pour, en final, arriver à gérer un incroyable monceau d’événements. Là, vient la mise en scène de Pete Jackson qui arrive simultanément à régir les aspects narratifs tout en garantissant un grand spectacle. Sa réalisation est somptueuse, large, compréhensible, donnant à l’action une envergure rare et aux localisations tout le sens épique qu’elles contiennent. L’usage de la musique est tout aussi judicieux. Si, lors de sa simple écoute on est frappé par sa puissance et sa lourdeur, à l’image elle se fond dans son support et est muselée quand elle doit. Elle reste aussi au service de l’histoire…

THE LORD OF THE RINGS est la preuve probante (héhé…) que Peter Jackson est un très grand raconteur d’histoire, que nous sommes en face d’un des événements cinématographiques majeurs de ce début de siècle, que l’on peut porter les projets les plus fous à bout de bras tout en gardant respect et humilité envers un auteur et envers le public. Et que la Grande Aventure est toujours de mise au cinéma. Et ça, ça fait vachement du bien, rrrrhhhaaaaa… !

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A propos de l'auteur

Journaliste