Titre français: La Légende de Bagger Vance

Equipe:
Durée: 127‘
Genre:
Date de sortie: 03/04/2001
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Brisé par la Première Guerre Mondiale et la grande Dépression, le capitaine Rannulph Junah n'est plus le grand joueur de golf qu'il était. Alcoolique et sans illusion, il refuse de participer à un tournoi local destiné à rembourser des dettes familiales. Heureusement le caddie Bagger Vance lui redonne son swing légendaire et un sens à la vie.

Notre critique:

Après THE HORSE WHISPERER, Robert Redford reprend du service et signe ici son 6ème long métrage en adaptant le roman éponyme de Steven Pressfield. Si légende il y a, ce n’en est certainement pas une de dire que Bob cultive un penchant pour les histoires où les personnages doivent surmonter de graves problèmes existentiels, et que ses thèmes de prédilection sont, en vrac: les valeurs morales, la droiture et le respect d’autrui. Que de bons sentiments et de bonnes intentions me direz-vous et si tout cela vous agace et vous dérange, passez votre chemin, car ce film ne déroge pas à la règle: il en est truffé. Matt Damon en jeune prodige brisé à la recherche de son âme (on a du mal à ne pas penser à son rôle dans WILL HUNTING), Charlize Theron en belle héritière prête à tout et Will Smith en énigmatique caddie sage et mystique, forment un trio impeccable. A noter au passage (une fois n’est pas coutume) que ce dernier campe un Bagger Vance inattendu, sobre et émouvant, qui, pour peu, volerait la vedette à ses petits camarades (comme quoi quand il décide de pas en faire des tonnes…). Côté mise en scène, les paysages photogéniques du « deep south », la reconstitution méticuleuse de l’Amérique des années folles (du brin d’herbe au vieux tacot), l’armada d’experts en tous genres et de conseillers techniques en golf (poussant le vice à étudier à la loupe les styles de jeu de Bobby Jones et Walter Hagen), offrent un film plus que léché digne d’un dépliant touristique de l’époque. On s’y croirait.

Sauf que c’est là que ça cloche: à trop vouloir mettre l’accent sur l’esthétique et exalter une nouvelle fois le discours sur les valeurs et mythes américains, Robert Redford se prend un peu les pieds dans le gazon. Outre le côté réchauffé de l’histoire, on pourrait aussi lui reprocher l’aspect (trop?) rocambolesque de celle-ci. Exit l’arrière-plan social de l’époque en pleine crise et marasme. A l’heure où la préoccupation de beaucoup était de survivre, celle de son héroïne se borne à sauver une fortune et des privilèges. Quant à Junuh, même en pleine déchéance, il ne semble manquer de rien. Passons aussi sur l’aspect « gentil noir » dans une région où même encore aujourd’hui l’abolition de l’esclavage est un vain mot. Toutefois, malgré ses maladresses et un aspect parfois trop romanesque, THE LEGEND OF BAGGER VANCE est un film où il est inutile d’être un inconditionnel de Tiger Woods vêtu de Lacoste pour payer son ticket.

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Journaliste

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