Equipe: Ben Mendelsohn, David Michôd, Joel Edgerton, Lily-Rose Depp, Robert Pattinson, Sean Harris, Timothée Chalamet
Durée: 133‘
Genre: Drame historique
Date de sortie: 01/11/2019
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Hal, prince égaré et héritier réticent du trône anglais, a tourné le dos à la vie royale et vit parmi le peuple. Mais à la mort de son père tyrannique, Hal est sacré roi Henri V et est forcé d’embrasser la vie qu’il avait tenté de fuir. Maintenant, le jeune roi doit composer avec la politique du palais, avec le chaos et la guerre que son père a laissés, ainsi qu'avec les émotions de sa vie passée, notamment ses relations avec son ami et mentor le plus proche, John Falstaff, le chevalier alcoolique vieillissant.

Notre critique:

David Michôd s’est fait remarquer il y a quelques années avec l’excellente surprise ANIMAL KINGDOM. Depuis, il alterne hauts et bas, que ce soit avec THE ROVER ou le très décevant WAR MACHINE. THE KING est son second film pour Netflix, le premier étant WAR MACHINE. Pour ce nouveau projet qu’est THE KING, Michôd s’est à nouveau attaché les services de Robert Pattinson (star de THE ROVER) mais aussi ceux de Ben Mendelsohn et Joel Edgerton (stars d’ANIMAL KINGDOM) qui, en plus de jouer dans le film, l’a également co-écrit.

Le personnage principal est Henry V, roi d’Angleterre et de France. Lorsque le film débute, il est encore jeune et son père est sur le point de mourir. Malgré le fait qu’il soit l’ainé, son père préfère laisser le trône à son autre fils, Thomas. THE KING raconte l’histoire de ce jeune roi qui a dû se différencier de son tyrannique de père et est devenu l’un des plus grands rois d’Angleterre. Le film s’attarde évidemment sur les quelques événements marquants de sa vie, de sa victoire contre la famille Percy, jusqu’à son mariage avec la fille de Charles VI en passant par la bataille d’Hazincourt.

Comme remarqué ci-dessus, Michôd a co-écrit le scénario avec son compère Joel Edgerton. Ils ont préféré s’intéresser à la période durant laquelle le jeune Henry est devenu roi et non pas à celle lors de laquelle il a exercé pleinement son règne. Suite au décès de son père, Henry va passer de la position de jeune alcoolique à roi d’Angleterre (les deux ne sont pas incompatibles diront certains). La prise de conscience et de responsabilité est énorme et le chemin à parcourir est encore long. Ce qui tracasse le plus Henry, c’est de ne pas être un roi comme son père. Il désire être à l’écoute de son peuple et ne veut pas de la guerre. C’est pourtant lui qui relancera la guerre de Cent Ans. Au prix de la paix, fébrile.

David Michôd semble continuer dans sa lignée de films moyens avec THE KING. Sa mise en scène est peu inspirée, si l’on excepte quelques fulgurances. Certaines scènes sont intelligentes, comme celle de la bataille d’Hazincourt par exemple. Il y a toutefois quelques bonnes idées de cadrages et de plans-séquence, mais rien de tout cela ne parvient à rendre plus attrayante cette histoire un peu plan-plan. Ce n’est pas inintéressant mais c’est du déjà vu. C’est donc regrettable que le duo Edgerton (qui produit aussi le film) – Michôd ne soit pas parvenu à faire une proposition un peu rafraichissante.

Côté casting, même s’il a beaucoup de gueule sur le papier, ce n’est pas fou-fou non plus. Timothée Chalamet est affable, sans énergie, et parle -comme toujours- en murmurant. C’est horripilant au possible mais ce n’est pas le pire. Non. Le pire? Il s’agit de Robert Pattinson qui propose une version du Dauphin complètement délurée avec une imitation d’un français parlant anglais complètement risible. Insupportable. Seuls Joel Edgerton, Ben Mendelsohn et le toujours aussi génial et trop rare Sean Harris s’en sortent avec les honneurs.

Au final, THE KING n’est pas une mauvaise surprise, c’est juste un film un peu trop classique sans cette petite chose en plus pour en faire une oeuvre vraiment satisfaisante. On voit qu’il y a beaucoup de travail derrière mais, force est de constater que ça ne paie pas.

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A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Ce jeune passionné de cinéma, formé entre autres au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, affectionne en particulier Steven Spielberg, Terrence Malick et Alejandro Gonzalez Iñárritu. Il écume avec passion les visions de presse et les nombreux festivals belges, où il s'est déjà retrouvé juré (Brussels Film Festival, Festival du Film d'Amour de Mons, Festival du Film Policier de Liège...), tout en officiant par ailleurs pour les pages culturelles de La Libre Belgique.