Equipe:
Durée: 96‘
Genre: Film d’'horreur
Date de sortie: 06/06/2006
(cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Robert Carmichael est un adolescent qui vit à Newhaven, une ville côtière du sud de la Grande-Bretagne. Lycéen, Robert Carmichael semble ne se distinguer en rien de la figure de l'adolescent, amorphe, mutique, tourmenté -devine-t-on- par la sexualité, capable pourtant d'atteindre une grâce inattendue par ses talents de violoncelliste dont il joue en amateur. Elevé par une mère célibataire, il traîne parfois dans les rues de Newhaven avec des copains peu recommandables, petits consommateurs et trafiquants de drogues. Ces fréquentations l'entraîneront très loin, trop loin...

Notre critique:

Premier long métrage d’un jeune britannique, THE GREAT ECSTASY… est un film choc. Louchant du côté d’un Ken Loach pour son immersion dans le social, puisant dans la force d’un Michael Hanneke pour la mise en scène et jouant sur une histoire rappelant fortement ORANGE MECANIQUE, on peut dire que le jeune réalisateur Thomas Clay, vingt-six ans, a mis la barre très haut.

C’est l’Angleterre profonde qu’il met en scène, celle où l’ennui suinte des pores de la ville. En longs plans silencieux et en travellings choisis, il laisse le temps aux silences de remplir l’espace et de donner aux acteurs l’ampleur de leur interprétation. Thomas Clay joue sur la profondeur de champ comme un vieux loup de la réalisation et peu à peu il installe son sujet et prépare sa terrible conclusion laissant aussi peu de chance à son anti-héros que ce dernier en laisse aux autres.

Sur fond de guerre en Iraq et de misère sociale, THE GREAT ECSTASY produit un effet fort entre choc et dégoût en ratant hélas de peu la réussite parfaite faute sans doute d’être rentré plus en profondeur dans l’âme du personnage principal, Robert Carmichael. Ce violoncelliste introverti mais faible aurait mérité de bénéficier d’un vrai traitement et non pas de petites touches. Si son nom est dans le titre, sa présence dans le film se résume trop à des absences.

Avec un sujet dur et plutôt déprimant, des images crues et cruelles, THE GREAT ECSTASY, vous l’aurez compris, n’est pas un film à mettre entre tous les yeux. Pour ceux dont le moral est d’acier, ce premier film vaut toutefois le détour et pour les autres Thomas Clay est certainement un réalisateur dont il faudra suivre les nouvelles oeuvres.

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...