Equipe:
Durée: 128‘
Genre:
Date de sortie: 11/11/1997
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Laissez-vous faire, CRS s'occupe de tout! Ce centre de récréation pour personnes aux larges portefeuilles procure sensations et divertissements de choix à une clientèle triée sur le volet. Aptitudes physiques et mentales obligatoires, capacités de réaction rapide pour situations inattendues souhaitées et instinct de survie fortement recommandé... Pour un cadeau d'anniversaire, on ne pouvait mieux rêver. Nicholas Van Orton en fera les frais en acceptant cet inahituel présent des mains de son frère...

Notre critique:

THE GAME déjoue les attentes et nous emporte au sein d’un jeu très malsain où la victime potentielle n’est autre que Michael Douglas, décidement abonné aux rôles de quadragénaire aisé et aigri à qui la vie ne sourit plus.

Simple comme bonjour, la question subsitant pendant les deux heures du film est de savoir si tout cela n’est effectivement qu’un jeu ou une anarque pour gros joueurs?

Habilemenf ficelé, le scénario du film repose sur un carcan qui nous rappelle le jouissif THE USUAL SUSPECTS. Qualité première mais également premier défaut pour certains, THE GAME est un film qui se démonte lui-même. Arrivé à la solution de ce rubik’s cube cinématographique, le film prend un aspect de cocote en papier que le souffle d’un asmathique emporterait au loin. Les adeptes des films à tiroirs scénaristiques seront ravis d’apprendre que c’est avec un plaisir assuré qu’ils essaieront de résoudre l’énigme plus vite que Monsieur Van Orton. Ce personnage est, d’ailleurs, remarquablement installé en un plan par un David Fincher toujours aussi efficace. Le cinéaste prend comme d’habitude un aussi grand plaisir à affaiblir ses principaux protagonistes. Réduisant à l’impuissance financière ainsi qu’humaine (dans le cas présent) ce business-man antipathique, Fincher rejoint cette même thématique que dans ses précédentes oeuvres. Il mène la danse… Tu suis ou tu crèves et puis même si tu suis, tu pourrais de toute façon crever. Dès les premières images, les dés sont pipés, le cinéaste a tissé sa toile. Amputant les connaissances du spectateur, il masque les indices; il les tord et les retord pour nous brouiller et ne jamais nous laisser l’avantage sur Van Orton (un Michael Douglas qui ne brille plus d’originalité).

Pourtant Fincher dérègle son film aux deux tiers. Après l’essoufflement du jeu des chats et de la souris, il relance la donne en réorientant son film dans une chasse aux gibiers. Nicholas devient chasseur de chimères dans un San Francisco décoloré. Le dernier rempart raccrochant un homme perdu à la vie est bien celui de la vengeance. Mais qui est la tête pensante de CRS? Cette course pour le fun, ne serait-ce pas une course pour la vie?

THE GAME: un film à vivre où le spectateur fait partie du jeu. Thriller haletant, mené tambour battant par un Fincher résolument déterminé à effacer les séquelles d’un SEVEN devenu trop encombrant…

A propos de l'auteur

Journaliste