Equipe:
Durée: 92‘
Genre:
Date de sortie: 11/11/1997
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Une poignée de chômeurs métallos de la riante bourgade de Sheffield retrouvent un semblant de dignité en mettant au point un spectacle de striptease masculin dont ils sont les héros.

Notre critique:

Petit film mais véritalbe phénomène de l’année. Car il est vrai que ce premier long métrage de Peter Cattaneo a grappillé bien des prix du public dans les festivals où il fut montré et que son succès dans les salles est énorme. Pour un film à petit budget, sans star à l’affiche et dont l’histoire s’inscrit dans une réalité sociale des plus moroses, cela tient de l’exploit.

La raison de ce triomphe tient en deux mots: comédie et consensus.

Comédie tout d’abord. Tout l’art de Cattaneo fut d’aborder la grisaille de son sujet avec cette pétulance propre à un certain cinéma grand-briton (le Stephen Frears de THE SNAPPER, le Ken Loach de RIFF RAFF ou encore le Mike Leigh de SECRETS AND LIES). Le désespoir y est tourné en dérision sous le prétexte toujours défendable qu’il vaut mieux en rire qu’en pleurer. Ce rire-là n’oblitérant en rien la cruauté des situations décrites, mais permettant de les rendre plus supportables le temps d’un instant.
Or donc loin de tout misérabilisme, Cattaneo y va avec une joyeuse volonté et un entrain communicatif.

Mais on en arrive au second mot: consensus.
Clairement inscrit dans la mouvance du cinéma social grand-briton, THE FULL MONTY est ce que l’on appelle une comédie sociale. En court de route, on oublie cependant le côté social pour ne garder que le côté comédie. Comme si les problèmes évoqués (le chômage, la perte de la confiance en soi, l’ennui, …) passaient finalement au second plan, ne laissant au spectateur, toute catégorie sociale confondue, que le plaisir d’un franc divertissement. Par comparaison, BRASSED OFF était nettement plus courageux. Sur une histoire comparable, après nous avoir fait largement rire, Mark Herman nous assènait le discours de Pete Postlethwaite, fustigeant notre responsabilité individuelle assoupie, plus prompte à s’émouvoir lorsqu’il s’agit de défendre les bébés phoques que lorqu’une entreprise ferme ses portes, plongeant des centaines de travailleurs dans la précarité.

Cet engagement politique clair manque à THE FULL MONTY. Et le sentiment final qu’on pourrait en retenir après avoir bien rit est plutôt ambigu. C’est le sentiment que, finalement, tout cela n’est pas si grave. Cette légèreté en rassurera sûrement certains, moi elle me laisse un goût amer.

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Journaliste