Titre français: Le Cinquième Elément

Equipe: Bruce Willis, Eric Serra, Gary Oldman, Ian Holm, Luc Besson, Milla Jovovich
Durée: 126‘
Genre: Film de science-fiction
Date de sortie: 07/05/1997
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Au 23ième siècle, la terre est menacée par une entité dévorant toute vie sur son passage et seul le cinquième élément pourra mettre fin à la menace... Mais où est ce cinquième élément?

Notre critique:

Ouverture au Festival de Cannes 97. Sortie en salles sur tous les écrans de France le jour même. Voilà un film médiatisé à l’américaine et pourtant réalisé par un français puisqu’il s’agit du nouveau Besson

Luc Besson, depuis son premier film LE DERNIER COMBAT, a démontré qu’il était sans conteste un des virtuoses de la caméra. On sent chez lui que cet objet, encombrant pour d’autres, est réellement un prolongement de l’oeil et de l’imaginaire. Mais ce virtuose a une faiblesse: la minceur, voire l’absence de scénario qui caractérise ses oeuvres depuis SUBWAY jusqu’à LEON.
THE FIFTH ELEMENT, malgré son budget imposant (on parle de près de 100 millions de dollars), n’échappe pas à la règle, bien au contraire!

Le sujet du film, écrit vers l’âge de 16 ans par Besson, flirte avec une science-fiction débridée: au 23ième siècle, la terre est menacée par une entité dévorant toute vie sur son passage et seul le cinquième élément pourra mettre fin à la menace… Mais où est ce cinquième élément? A partir d’un sujet comme celui-là, tout était possible: le pire comme le meilleur… Et c’est clairement ce qu’a obtenu Besson avec ce gigantesque clip, sorte de mix inter-galactique qui, à l’image de l’approche du deuxième millénaire, mélange tout et n’importe quoi, délivrant, à qui sait lire (rapidement) entre les lignes, les messages de fin de siècle. Amour, haine, anti-militarisme, morale de quatre sous, message crypté, humour, bêtise, couleurs, violence. Tout y est et rien ne frappe. Tout y passe et rien ne reste.

Fourre-tout est certainement le mot qui correspond le mieux au film: fourre-tout visuel dans lequel on retrouve tous les grands moments du cinoche de science-fiction (BLADE RUNNER, ALIEN, STAR WARS), fourre-tout musical où Eric Serra nous balance tous les genres, fourre-tout scénaristique où en lieu et place d’une histoire bien écrite on nous déverse les poncifs par petites touches sans connexions, fourre-tout de comédiens où l’on trouve Bruce Willis flanqué du top model Milla Jovovich entre un Ian Holm (HENRY V, HAMLET) et un Gary Oldman

Ceci étant dit, Luc Besson affirme avoir voulu divertir. Au vu de la vitesse à laquelle passent les 2h06 de film, il a certainement réussi en tous les cas à nous faire oublier notre montre et à nous faire rire (surtout dans la seconde moitié du film où la comédie pure se déclare enfin!).

Mais, bon sang, quand y aura-t-il quelqu’un pour lui dire qu’il ferait mieux d’aller chercher ses scénarios chez un VRAI scénariste?!

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A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...