Titre français: Lignes De Vie

Equipe:
Durée: 111‘
Genre: Comédie dramatique
Date de sortie: 19/07/2005
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Ted et Marion ont perdu leurs deux garçons jumeaux. Ruth, leur jeune fille, est une enfant éveillée mais troublée par la mort de ses frères. Tandis que Marion vit très mal la mort de ses enfants, Ted, écrivain talentueux et renommé, tente d'oublier et de passer à autre chose. Il décide de faire venir Eddie, un jeune étudiant en littérature à Exeter pour l'aider dans son boulot quotidien d'écrivain. Eddie veut lui aussi devenir écrivain et il voit cela comme une aubaine...

Notre critique:

Si ce film très en nuances et demi-teintes n’est pas sans rappeler des oeuvres de James Ivory, c’est notamment par l’étude et la peinture minutieuse des caractères des différents personnages. En faisant du jeune Eddie O’Hare son personnage central (sans être le personnage principal) et en le suivant tout au long du récit, Tod Williams (dont ce n’est que le 2e long métrage) invite le spectateur à suivre le récit de son point de vue… Et il nous convie à entrer comme Eddie dans le monde blessé de Marion et dans celui plus fantasque de l’écrivain célèbre. Grâce à Eddie qui tente de s’identifier à Ted, écrivain qu’il admire, on pénètre peu à peu dans l’intime, son désir pour Marion n’étant encore une fois que corollaire à sa volonté d’identification. Marion, elle, initiera Eddie en pensant à ses fils et à l’amour qu’ils n’ont peut-être jamais connu.

Au travers de cette souffrance et de cette tempête de sentiments, personne n’est dupe de ce qui se passe entre Ted et ses modèles ou entre Eddie et Marion. Et petit à petit, le jeune apprenti écrivain s’implique et assiste à l’explosion du couple, en devenant même un moment l’instrument et le catalyseur à la fois. Pour finir, Ted fera cadeau à Eddie d’un sujet de roman autobiographique: la vie et le déchirement de Ted et Marion…

Kim Basinger excelle dans ce rôle de mère blessée, perdue, à la recherche d’un nouveau départ, tandis que Jeff Bridges, probablement dans une de ses meilleures interprétations, est un écrivain pour enfant et un père, un mari irresponsable plus vrai que nature. Il s’est glissé somptueusement dans la peau de cet écrivain remarquable mais qui, en dehors de son talent, est un homme sans profondeur, superficiel. Au milieu de ces deux acteurs confirmés, le jeune Jon Foster parvient à tirer son épingle du jeu…

Avec ses airs de THE GRADUATE et ses traits d’humour en plein désespoir (comme la vie en réserve souvent), THE DOOR IN THE FLOOR est un film sensible qui approche le déchirement d’un couple qui a perdu ses enfants par un biais riche et intéressant.

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...