Titre français: Bleu Profond

Equipe:
Durée: 101‘
Genre:
Date de sortie: 16/10/2001
Cotation: ** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Margaret Hall est mère au foyer. Elle vit dans une grande maison au bord d’un lac, entourée de ses trois enfants et de son beau-père. Son mari, officier dans la marine, passe la majeure partie de l'année en mer. En son absence, Margaret fait tout pour le bien de leurs enfants. Entre les différentes tâches ménagères et aller conduire les enfants à leurs activités extra-scolaires, elle ne s’accorde pas une minute de répit. Mais cette vie de mère au foyer va être totalement bouleversée à cause de son fils, Beau. Cet adolescent, à qui la figure paternelle manque, se met à fréquenter le bar "The Deep End" et se lie d'amitié avec un homme, Darby Reese. Margaret ne voit pas d'un bon oeil cette amitié et va même jusqu'à rencontrer Darby pour lui interdire de revoir Beau. Un soir, une dispute éclate entre les deux amis et le lendemain matin, Margaret découvre le corps sans vie de Darby. Pour protéger Beau, elle va cacher le cadavre de l'homme. Mais quelqu'un est au courant du corps et également des petits secrets de la vie de Beau... Cette information vaut beaucoup d'argent et le prix du silence est encore plus élevé. Margaret est la proie d'un maître chanteur: le jeu du chat et de la souris a commencé...

Notre critique:

Voilà un solide petit thriller sans prétention, bien construit, avec une bonne dose de psychologie! THE DEEP END s’éloigne avec bonheur des sérial-thrillers sans envergure de ces dernières années. Se situant dans la veine des séries B bien foutues se préoccupant plus de ses personnages que du quota de morts, l’ouvrage invite le spectateur au sein d’une famille sentimentalement désagrégée. Le père souvent absent, le fils aîné découvrant son homosexualité et la mère, à la fois hyperprotectrice, réfutant l’attirance de son fils pour les hommes et reprenant le rôle du père forment le tissu social de ce récit plus tordu que de nature. Margaret Hall (formidable Tilda Swinton) prouvera, donc, son amour envers sa progéniture de manière fort inattendue. Enrôlée malgré elle dans une spirale infernale, elle devra maintenir une équité familiale très précaire où la vérité n’a pas de place. Scénaristes et réalisateurs, Scott McGee et David Siegel mènent leur fiction de main de maître. Ils exploitent parfaitement les non-dits, les silences. Ils entourent leurs protagonistes de nuances, les plongent dans le doute et le désir. Mais l’ensemble ne se détache jamais de la sacro-sainte famille. C’est là que se love toute la force et l’impact de l’histoire, et qu’est stigmatisée avec verve la lutte d’une mère!

THE DEEP END répond, néanmoins, aux règles du genre, c’est là son seul défaut majeur. Dès qu’il emprunte une pente, il ne s’en détourne jamais. Certains apprécieront cette lucidité et cette stricte tenue de route, d’autres incrimineront un manque d’audace. Mais à cette heure où les bons thrillers se font aussi rares que des bonnes frites, vous devriez vous jeter sur cette très agréable distraction plus fouillée qu’à l’habitude.

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Journaliste