Equipe:
Durée: 86‘
Genre:
Date de sortie: 11/09/2001
Cotation: oo (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Richard, ingénieur en informatique, s’est bourré les poches grâce à la nouvelle industrie. Passant ses jours et ses nuits devant son écran, il est en totale rupture sociale. Quand il rencontre Florence, une strip-teaseuse qui joue de la batterie, il lui offre 10.000 dollars pour qu’elle l’accompagne trois jours à Las Vegas. Elle accepte sous conditions : pas de baiser sur la bouche, pas de pénétration, pas de sentiments. Mais ils vont tous deux apprendre que l’on ne joue pas impunément avec le sexe et les émotions.

Notre critique:

Alors, là, on se demande où Wayne Wang voulait en venir ? Désirait-il tout simplement mettre sur toile ses fantasmes ? Dépeindre de manière polissonne la dérive des sentiments que subissent irrémédiablement les être dits ‘humains’ ? Stigmatiser les rapports étroits, fiévreux et tronqués entre le désir et l’argent ? Voulait-il juste aller plus loin, explorer des terres relativement inconnues ? Pousser des acteurs hors de leur libido pour les offrir sans pudeur à son oeil voyeur ? Nul ne pourra véritablement affirmer la volonté du cinéaste sinon Wayne Wang himself. THE CENTER OF THE WORLD est une oeuvre racrapotée sur elle-même, sur des images tendancieuses mais qui reste toujours du bon côté de la barrière, celui où l’on regarde sans toucher, où l’oeil (se) satisfait plus que la main.

Peter Sarsgaard et Molly Parker (découverte dans l’étrangement fascinant KISSED) forment donc ce couple hors-norme ; cette danseuse de bar et ce petit génie de l’informatique qui a fait fortune. A eux deux, ils débitent une quantité innommable de lieux communs sur le sexe, l’amour et les sentiments. La fiction se mord bien vite la queue et n’en finit plus de tourner en rond à la recherche de son moi existentiel. Et ce n’est pas les corps dénudés de deux êtres dépourvus de chaleur déambulant dans les décors glacés d’une chambre d’hôtel qui allumeront les quelques badauds en manque. Heureusement, la jolie Carla Gugino pointe son nez dans l’histoire et y insuffle un brin d’humanité.

La volonté de Wayne Wang de se rapprocher de son sujet en optant pour une image DV ne parvient nullement à nous impliquer dans ce duel sexuel auquel se livrent les deux protagonistes. Ce parti-pris renforce notre désarroi devant l’oeuvre d’un cinéaste qui semble être complètement passé à côté de son sujet et qui adopte une position de voyeur sur une histoire qu’il ne cerne pas. Une fiction étrange, opaque, d’un érotisme sage et froid. Raté, pas mauvais mais tout simplement raté…

A propos de l'auteur

Journaliste