Equipe:
Durée: 165‘
Genre: Film d'aventures
Date de sortie: 25/01/2005
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Hollywood, 1927. A la tête de l'immense fortune amassée par ses parents dans la fabrication de trépans pour l'industrie pétrolière, Howard Hughes tourne HELL'S ANGELS. Fantasque, névrosé, hanté par le réalisme de la mise en scène, il engloutit des fortunes pour la réalisation de ce film de guerre aux multiples combats aériens. Jamais satisfait, son perfectionnisme l'oblige sans cesse à refaire des scènes...

Notre critique:

Tout et son contraire a été dit sur Howard Hughes, ce milliardaire pour le moins excentrique, père de l’aéronautique moderne, cinéaste croqueur de starlettes et génie moderne… Sa vie a été un film, tant et si bien que les Spielberg, Lucas, De Palma et autres Warren Beatty ont toujours rêvé de la porter à l’écran. Et comble d’ironie, c’est Martin Scorsese, réalisateur ignorant presque tout de Hughes, qui s’est retrouvé sur le projet.

Mais si Scorsese reconnaît ne pas être un expert d’Howard Hughes, il est évident que Howard Hughes est un personnage ‘à la Scorsese’. Comme Jimmy Conway dans GOODFELLAS, comme Jake La Motta dans RAGING BULL ou encore comme Sam Rothstein dans CASINO, Hughes est à la fois l’artisan de sa réussite et de sa plongée dans l’enfer. Comme eux, il a tout entre ses mains pour devenir le meilleur ou le pire dans son domaine…

Et, dès le début du récit, le spectateur est intimement convaincu que le ver est dans le fruit: la mère d’Howard le met en garde contre la saleté, et le récit mettra l’accent à de nombreuses reprises (Salle de projection, serviettes, lavage de mains, etc) sur la microbiophobie qui minait Hughes depuis l’enfance. Tout au long de sa vie, il ne cessera de replonger dans ses obsessions, ne parvenant plus à vivre dans le monde normal qui l’entoure. Et même si son génie, sa sagacité, sa fureur de vivre à du 200 à l’heure font de lui un être d’exception, son côté sombre se manifeste toujours, réduisant inévitablement son existence à une longue suite de souffrances. Et ce n’est pas sa rencontre avec Katharine Hepburn, elle-même névrosée, qui arrangera les choses…

Avec sa mise en scène fluide se jouant merveilleusement des détails d’époque, Martin Scorsese nous plonge dans l’âge d’or d’Hollywood, multipliant les références et les techniques comme le cinecolor (la scène de golf avec Hepburn) ou le technicolor. Sa caméra virevolte avec l’insouciance d’une époque hollywoodienne pétillante à l’aube du parlant, suivant Hughes pas à pas dans sa quête effrénée du futur de la technologie humaine.

Et c’est un Leonardo Di Caprio le sourcil bas et l’air soucieux qui se glisse à merveille dans la peau du phobique et spasmophile H. H. et qui, une fois de plus, s’améliore dans un rôle de composition, parvenant parfois à faire oublier sa face de jeune homme. Le reste du casting est à la hauteur du rendu des années 20 à 30, Cate Blanchett et Kate Beckinsale se fondant dans leurs personnages respectifs avec beaucoup d’aisance.

A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...