Titre français: Chapeau Melon Et Bottes De Cuir

Equipe:
Durée: 89‘
Genre:
Date de sortie: 25/08/1998
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

John Steed et Emma Peel combattent le très méchant Sir August de Wynter et sa diabolique invention: une machine à contrôler le climat.

 

Notre critique:

CHAPEAU MELON & BOTTES DE CUIR, la simple évocation de ces deux noms réveillent en vous, Madame, l’image d’un John Steed flegmatique, désinvolte, plein de charme et toujours vêtu de costumes bien coupés. Pour vous, Monsieur, l’image d’une Emma Peel, ou plutôt d’une Diana Rigg, aux tenues les plus affriolantes les unes que les autres n’ayant cesse de raviver tous vos fantasmes de jeunesse.

Et bien voilà, le meilleur vient de cotoyer le pire. Le passage du petit au grand écran n’arrête pas de détruire les mythes cathodiques. Brisant les réminiscences floues d’un passé télévisuel embué par la moiteur d’une sexy M-appeal ( à traduire par Male-appeal: qui a du sexe-appeal) et de scénarii plus tordus les uns que les autres, THE AVENGERS, le film, est une catastrophe!

Autopsie d’une oeuvre dont la génèse ne présageait que du bon.

Les décors:
en parfaite harmonie avec la série. Recherchés mais pas surabondants, ils combinent une certaine sophistication et un dépouillement riche en interprétations. Ce monde imaginaire et intemporel comporte des rues sans nom, affiches publicitaires ou sans passants. Londres est à la limite désertique. Les années soixante y cotoient joyeusement l’high-tech en ignorant de bon aloi les gsm et autres téléphones mobiles. Séduisant.

Diverses séquences ou idées extraites de certains épisodes réputés:
L’enchaînement de pièces qui se ressemblent sans possibilité de sortie, le double d’Emma Peel, les nounours tueurs, le jardin botanique florissant d’hybrides végétaux… Intelligent.

Les personnages:
Ralph Fiennes est John Steed. Tout en se débattant comme un beau diable pour effacer nos souvenirs d’un Patrick Macnee impérial, il ne lui arrive qu’à la cheville. Uma Thurman chausse avec un plaisir indéniable les bottes d’Emma et se déguise tout au long de ses aventures d’une garde-robe indéfiniment aguichante. Son déhanchement nous fait damner les saints et ses yeux enflamment les nôtres. Si ses accessoires renforcent sa présence à l’écran, son interprétation est en accord parfait avec son partenaire. Le couple est sur la même longueur d’onde se révèlant d’une molesse atterante, leur verve n’a d’égal que leur talent. Les non-initiés apprécieront un duo qu’ils trouveront ensorcellants, les puriste crieront à la trahison.

Mère-grand (Jim Broadent) n’est plus qu’un fumeur aux doigts jaunis mais toujours affublé d’un pot de fleur bien sympathique. Une fois n’est pas coutume, Sean Connery cachetonne et se fourvoie dans un rôle resplendissant d’apathie. Navrant.

Le scénario:
Il se veut nettement moins inconsistant qu’un épisode de L’amour du risque. Il enfile platement les quelques idées précitées, ne donnant aucune opportunité aux acteurs de s’épanouir. Toute explication relative à certaines situations (d’où vient le double? Pourquoi le portrait d’Emma au dessus de l’orgue du méchant?…) passe au bleu. Les quelques morceaux de bravoures existant sur papier sont visuellemnt massacrés par Jeremiah Chechik (LES DIABOLIQUES, le remake) qui confirme avec force son statut de tâcheron. Il ne profite nullement de ses décors, ni ne met ses acteurs en valeur. Les scènes d’action sont à ce point mal fichues qu’après le générique de fin, on arrive à se demander si cette daube en possédait.

Déconcertant à la sortie de salle, 30 minutes après, comme un vin aux arômes lents, le comique du 22ème degré nous apparaît, doucement, très doucement, assez finalement pour racheter le film, que l’on avait pris au sérieux par erreur.

 

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Journaliste