Equipe:
Durée: 123‘
Genre:
Date de sortie: 19/12/2000
Cotation: oo (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Dolly la brebis a défrayé la chronique. Le clonage n'est plus un fantasme d'écrivain épris de science-fiction. La question est: jusqu'où va-t-on se permettre d'aller? Le "on" se référant à l'Homme avec le "H" majuscule qui souligne l'importance.

Notre critique:

Pas très surprenant donc que Hollywood se soit penché sur le sujet. Profiter des peurs suscitées auprès du bon peuple par l’un ou l’autre thème de société, la guerre et le péril atomique, ont démontré depuis belle lurette qu’il n’y a rien de tel pour amasser de la thune. Et donc, on se coltine une science-fictionnerie pas trop éloignée dans le temps, histoire que l’on ait bien conscience que le danger nous guette vraiment, qui traite des vices et vertus du clonage.

On ne niera pas que le sujet est intéressant. Mais on ne niera pas non plus qu’Hollywood n’est certainement pas le creuset rêvé pour une réflexion nuancée sur la chose. THE 6TH DAY n’est effectivement qu’une grosse production de plus dopée comme il se doit aux effets spéciaux (parfois totalement gratuits comme la course d’hélicoptères), dont un des buts est, au passage, de remettre sur rail ce bon Arnold en chute libre dans le classement des most wanted acting people de la planète cinéma.

Côté réalisation, Spottiswoode (UNDER FIRE, AND THE BAND PLAYED ON et pas mal de comédies familiales et de séries B dont un James Bond) assure ce qu’il faut mais abuse de l’effet ralenti-accéléré popularisé par MATRIX et immédiatement rendu démodé par la pub et les clips. Le reste est aux mains des décorateurs qui ont réalisé un honnête boulot, de même que les maquilleurs.
Côté acteurs, Arnold n’a pas perdu son accent autrichien et peine toujours pour atteindre à la moindre parcelle de crédibilité dans les scènes « dramatiques ».

Si on fait le point, jusqu’ici, cela donne un film quelconque pour lequel une vision en DVD pourrait suffire. Mais il y a tout de même un point qui rend ce film horripilant au dernier degré, et donc digne d’être largement méprisé: c’est qu’il ose se prendre au sérieux et nous balancer, sans le moindre second degré, un discours d’une consensualité puante sur la problématique abordée. Discours qui se résume comme suit: le clonage, mal utilisé, c’est dangereux; bien utilisé ça peut être bénéfique; bref, il faut être prudent. Coluche aurait dit: « Je ne suis ni pour, ni contre. Bien au contraire! ».

Et c’est finalement, encore une fois, ce manque d’audace, de parti pris et d’engagement typique d’Hollywood qui est épuisant. Dans CHARLIE’S ANGELS au moins, on ne vous trompe pas sur la marchandise. C’est du divertissement qui divertit. Mais quand le cinéma pop-corn se mêle de donner des leçons de philosophie de concierge, on atteint les sommets du ridicule et de l’hypocrisie. Un peu comme ces pubs qui se prennent pour de l’information et provoquent, sciemment?, la confusion des genres.

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Journaliste