Titre français: Le 15h17 pour Paris

Equipe: Clint Eastwood, Dorothy Blyskal, Jaleel White, Jenna Fischer, Judy Greer
Durée: 94‘
Genre: Drame biographique
Date de sortie: 21/02/2018
Cotation: o (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Alek, Anthony et Spencer sont trois américains amis d’enfance qui décident un jour de faire un voyage en Europe. Un voyage qui va changer leur vie et éviter un attentat meurtrier dans le Thalys reliant Amsterdam à Paris.

Notre critique:

Depuis AMERICAN SNIPER en 2014 puis avec SULLY en 2016, Clint Eastwood s’empare d’histoires vraies de héros américains pour les transcender à l’écran façon hollywood et surtout façon américain patriotique que Clint n’a jamais caché être (notamment dans ses prises d’opinion politique).

Il continue ici avec THE 15:17 TO PARIS ce que l’on pourrait qualifier de trilogie en acceptant d’adapter l’histoire étonnante -et dont l’ampleur a pu passer inaperçue au moments des faits- de l’attentat manquer du Thalys entre Amsterdam et Paris. Ce qui aurait pu être un carnage due à un homme lourdement armé dans un TGV ne sera qu’un pétard mouillé grâce à l’intervention efficace de plusieurs hommes, dont trois jeunes américains en voyage touristique en Europe.

Divisé en trois parties, l’adolescence, le voyage touristique et l’attentat manqué, THE 15:17 TO PARIS se veut avant tout un film très réaliste puisque les acteurs principaux sont les 4 vraies personnes qui ont participé aux événements (5 avec la femme de Mark Moogalian, ce dernier étant gravement blessé au cours de l’attentat).

Mais voilà, à trop vouloir se concentrer sur la réalité, on en oublie souvent que le cinéma c’est aussi la fiction qui permet de dépasser cette réalité et d’y introduire ce petit plus qui permet à une histoire d’être édifiante et de marquer durablement le spectateur.

The 15:17 to Paris

THE 15:17 TO PARIS ignore cette règle d’or en essayant de brosser le portrait des trois jeunes gens adolescents, ce qui manque clairement d’intérêt, même et surtout pour comprendre leur acte héroïque. Et ne parlons pas de la visite éclair de l’Europe (typique des américains en visite sur le Vieux Continent) qui n’est qu’un prétexte à l’exotisme et qui étire le temps pour nous faire marteler le fait que Spencer se sent investi de “quelque chose”. Bien sûr, il est clair que ce temps est là aussi pour montrer que le hasard a une grande part dans toute cette histoire, mais n’est-ce pas le bon sens même qui aurait pu nous l’indiquer plutôt qu’une bonne heure quinze de film.

Seule finalement la scène du Thalys retraçant avec beaucoup de détail l’acte héroïque (ou humanitaire comme le qualifiera plus tard François Hollande) est prenante et intéressante (mais ne dure qu’une dizaine de minutes). Elle met aussi en exergue un manquement important au réalisme du film qui ne suit finalement que la vie de 3 des 4 américains qui ont empêché l’ignoble attentat en préparation. On peut se demander pourquoi.

Au final, le plus surprenant dans ce film est surtout le fait que les studios aient confié ce scénario à une débutante qui a cru bon de mélanger patriotisme primaire, Dieu et le destin en plus ou moins 90 minutes peu passionnantes. Et cela donne probablement un des films les moins intéressants de toute la carrière d’Eastwood derrière la caméra.

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A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...