Equipe:
Durée: 88‘
Genre:
Date de sortie: 08/02/2005
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

New York, mars 2002. Jonathan Caouette se réveille après avoir fait un mauvais rêve au sujet de sa mère Renée. Un mauvais rêve? Non. Car celle-ci vient de faire une overdose de lithium... Ce drame fait remonter Jonathan aux origines de sa vie qui tient plus du cauchemar que du bonheur...

Notre critique:

Depuis l’âge de onze ans, Jonathan Caouette filme, photographie, enregistre, amassant les souvenirs sous toutes les formes à sa portée, conservant ainsi 160 heures d’archives audio et vidéo. Et c’est donc une biographie absolument unique qu’il livre dans ce film monté à l’aide du logiciel iMovie sur un simple Macintosh. Unique car la vie de Jonathan est loin d’être celle d’un monsieur tout-le-monde où rien ne se passe… Elle est hélas riche en malheurs, en descentes aux enfers de la psychiatrie.

A partir de l’overdose au lithium de sa mère, Jonathan remonte dans le temps, dans ses souvenirs d’enfance, et même jusqu’à la naissance de sa mère. Et en 10-15 minutes, il nous brosse un portrait terrifiant, un montage photo effarant où les images, toutes souriantes, contrastent avec une voix off qui raconte une histoire insoutenable: celle de Renée et de son fils Jonathan.

C’est à une véritable immersion dans un esprit sur le fil de la raison que nous convie Jonathan. Lors de sa première ‘performance’ devant sa caméra, à 11 ans, déguisé en fille, il raconte une histoire, étonnant témoignage mélangeant vérités et fictions. Un régal sans aucun doute pour tout psychiatre qui se respecte, une descente aux limites du rationnel pour n’importe quel autre spectateur…

“J’ai oublié ce que c’est d’être normal”, “Je suis dépersonnalisé”, autant de phrases courtes qui choquent mais qui ne font que traduire les difficiles sentiments de ce garçon dont la mère a subi des électrochocs, un viol devant son fils et plus d’une centaine de séjours en asile. Autant de raisons pour Jonathan d’avoir fait ce film coup de poing, unique en son genre, immense catharsis qui se termine sur la déchéance d’une mère suite à son overdose au lithium, filmée de longues minutes, au son du rire dément de l’être aimé.

Attention aux voyeurs en tout genre qui habitent les téléspectateurs avides d’un miroir de l’âme, ici, on est très, très loin de la télé réalité où tout est travesti… Dans TARNATION c’est le cerveau de Jonathan qui explose à la figure du spectateur… On n’oublie pas une telle expérience!

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...