Equipe:
Durée: 105‘
Genre:
Date de sortie:
(cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Mario couche sur papier et relit son scénario d'un spectacle conceptuel mêlant danse, théâtre et cinéma. Séparé depuis peu, il se projette dans certaines de ses scènes, mélangeant rêve et réalité. A la suite d'une rencontre, il auditionne une jeune fille qui outre le fait d'être une danseuse prometteuse, réveillera en Mario les flammes d'un amour mal maîtrisé...

Notre critique:

Quelques temps après l’égocentrique mais séduisant TANGO LESSON de Sally Potter, cette lancinante danse retrouve les feux du cinéma sous le regard du réalisateur espagnol Carlos Saura. Plus d’un point commun relie ces deux films. Tout d’abord le sujet, la danse, et puis l’approche qui en est faite par deux metteurs en scène qui se remettent en question et utilisent l’art pour en dépeindre un autre, ici, le tango.

Pour ceux qui aiment les tempos lents, rassurants et envoûtants de cette musique, on ne peut que leur conseiller ce film aux allures musicales. Délicatement érotiques, les joutes se veulent douces et violentes, les pas rapides ou langoureux sont toujours précis. Les corps s’opposent pour mieux s’épouser. Les femmes sont belles, vêtues de leurs robes si légères qu’elles volent d’un coup de rein. Les hommes sont précieux et fiers. Comparables à des félins, les partenaires se jaugent, se laissent aller pour mieux guider…

Incroyablement sensuel est le qualificatif le plus adapté à cette oeuvre aussi légèrement pétillante qu’un bon champagne ravivant vos sens. Les couleurs se superposent et construisent autant de tableaux sonores. Vittorio Storaro (directeur photo de DICK TRACY et de plusieurs Bertolluci dont THE LAST EMPEROR) magnifie une palette graphique dans un jeu empli d’un va et vient obsédant. Et que dire de l’étonnante composition de Lalo Schifrin (compositeur du thème original de MISSION:IMPOSSIBLE) ? Il a oublié toutes ses précédentes collaborations pour se plonger dans des rythmes argentins remarquables. Mais celui qui reste le chef d’orchestre de ce grand spectacle c’est Carlos Saura. Sa mise en scène est appuyée, mais pas trop. Il joue avec le cinéma et fait de sa caméra un objet utilisé pour mieux approcher le fond de son idée. Il ne la cache pas et l’intègre dans la dissection de cette cérémonie. Sa mise en abîme est parfaite et fausse nos sensations. Tout en abusant d’images et de mélodies pour museler ses acteurs, il fait passer leurs émotions au travers des fantasmes, du rêve et de la musique.

TANGO est une somptueuse immersion dans le monde enivrant d’une musique entêtante. Une oeuvre que tous les mélomanes doivent découvrir…

A propos de l'auteur

Journaliste