Equipe: Gérard Depardieu
Durée: 90‘
Genre:
Date de sortie: 21/10/2003
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Ruby (Jean Reno) n'a qu'une idée en tête: se venger de l'homme qui a assassiné la femme qu'il aimait. Quentin (Gérard Depardieu) n'a en tête que très peu de neurones. Juste assez pour être d'une grande gentillesse et d'une bêtise à entrer dans le Livre des Records. Les chemins des deux hommes vont se croiser, celui du dur qui n'est que désir de meurtre et celui du simple qui tutoie les anges. La gentillesse catastrophique de Quentin parviendra-t-elle à désamorcer la violence meurtrière de Ruby?

Notre critique:

Orfèvre de l’écriture comique, Francis Veber est passé à la réalisation pour mettre des images sur ses histoires et préserver le côté dégraissé de celles-ci. Au fil de ses fictions, l’auteur a tissé une toile humoristique mettant en avant plan le couple. Non pas le couple marital, mais le duo: le con, benêt, simplet, appelez-le comme vous voulez et la brute. Cette variation sur un même thème (mis à part LE PLACARD) aura mené notre homme sur les sentiers, mérités, du succès. De Pierre Richard à Jacques Villeret en passant par Jacques Brel; de Gérard Depardieu à Jean Reno en passant par Lino Ventura; Veber en aura marié des hommes à l’écran. Dans le cas qui nous occupe les tourtereaux (tiré originellement prévu pour le film) alias Jean Reno, la lourdaud, et Gérard Depardieu, l’ingénu, incarnent avec jubilation une partition sur mesure…

Pourtant si Veber a un toucher de phrase assez remarquable, son rythme et piment légendaires s’émoussent avec les années. Après une mise en place remarquablement concentrée et du meilleur effet, qu’elle soit narrative ou humoristique, l’ensemble se perd dans une course-poursuite des plus prévisibles et fort peu généreuse en rire. Fort heureusement, Gérard Depardieu incarne avec malice et juvénilité, un idiot désarmant. Le grand Gérard vient enfin de reprendre plaisir à jouer et cela transparaît, cela transpire de l’écran, et sa performance y est pour beaucoup dans les qualités de TAIS-TOI! En face de lui, Jean Reno est la gueule! Taciturne à souhait, le clown blanc absorbe avec docilité les répliques d’un hébété de première catégorie. Comme de coutume, le maître d’œuvre nous réserve la remise en question du lourdaud ainsi que la sempiternelle fin ouverte, signatures indélébiles du chef de chantier…

Francis Veber nous avait habitué à des oeuvres de plus belles tenues, teintées de regards acides sur notre société. Aujourd’hui, il nous sert un divertissement certes de bon aloi, sans fioriture mais dénué de toute nourriture spirituelle. Vite vu, vite digéré, vite oublié…

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A propos de l'auteur

Journaliste