Titre français: Opération Espadon

Equipe:
Durée: 99‘
Genre:
Date de sortie: 11/09/2001
Cotation: oo (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Fraîchement sorti de prison, le légendaire hacker Stanley Jobson, divorcé et privé de ses droits parentaux, n’aspire qu’à une existence simple et joviale. Lui qui se trouve terré dans une existence misérable ne saura refuser la proposition de Gabriel, un espion richissime et excentrique en qui sommeille un projet «politique» de grande envergure. Stanley, croyant prêter main forte à un simple braquage, entrevoit une chance de refaire sa vie et accepte de marcher dans la combine...

Notre critique:

Produit par Joel Silver (DIE HARD mais aussi et entre autres THE MATRIX) et réalisé par Dominic Sena (GONE IN 60 SECONDS), SWORDFISH est un bon gros produit pro-américain bien puant qui a toutes les « qualités » des blockbusters de ces dernières années. Pourtant il commence plutôt bien, Travolta dégustant un petit café et tirant avec nonchalance sur un cigare soliloque sur la dérive du cinéma hollywoodien, ses thèmes, ses travers… Mais fort rapidement le film prend le pas des dénonciations, rentrant très vite dans les rangs et développant une morale aussi crasse qu’écoeurante… Pourtant, et là est le malheur, la technique suit bien !

La mise en scène est ad hoc pour ce genre de fiction très balisée soi-disant spectaculaire. L’effet « bullet-time photography » est ici poussé au maximum (en traduction : la circonférence du cercle est agrandie) dans la séquence d’ouverture, la photographie y est hyper-méga-léchée et renforce l’idée d’un monde parfait où l’on empile les images publicitaires. La musique, elle, compile les hits. Donc, globalement l’esthétique clipesque est de mise.

Sur le plan artistique, tous les acteurs se défendent plutôt assez bien. Travolta n’est jamais plus à l’aise que quand il doit défendre un personnage de salaud hautement roublard. Hugh Jackman confirme tout le bien que l’on pensait de lui sur X-MEN et les courbes de Halle Berry continuent de nous faire chavirer…

Sur le plan scénaristique, là, c’est l’incident diplomatique. Outre le fait que les motivations intrinsèques du personnage de Stanley Jobson soient remarquablement pataudes et dignes de la Comtesse de Ségur, toute la mise en place est narrativement lourde et inintéressante puisqu’on nous apprend juste que le personnage du méchant est un vrai méchant avec lequel il ne faut pas rigoler, parce que sinon Fttup ! Ftttup ! Hein, bon, vous avez compris… Donc, pour faire plus intelligent, on emballe le tout dans une narration qui entremêle un brin flash-back et flash-forward, on brouille l’intrigue à gogo avant de nous servir le prétexte, que dire l’excuse, qu’a le bad-guy pour dégommer joyeusement tout ce qui se met en travers de sa croisade. Car mesdames et messieurs, cet homme est un homme bon. Il pense au peuple américain, il le dorlote même et lui permet de dormir sur ses deux oreilles, car voyez-vous l’argent (sale) récolté durant ce braquage informatique – qui se passe dans une banque avec une prise d’otages – servira à ‘protéger’ nos amis les mangeurs de pop-corn. Car pour tout attentat perpétué sur le sol US, notre bon Gabriel (rien de plus normal qu’il porte le nom d’un ange) commet dix fois pire dans le pays initiateur de l’agression. En voilà une belle mentalité, hum, hum… C’est notre ami George qui doit être fier de son industrie cinématographique !!

C’est donc sans regrets, aucuns, que nous vous avons divulgué la « surprise » de cette sombre crotte néfaste et indéfendable à l’heure où les israéliens et les palestiniens tentent désespérément de mettre en action quelque processus de paix. Les propos tenus par ce truc ne peuvent être cautionnés par Cinopsis. Chez nous, ça ne passe et ne passera jamais! Rien que pour cela SWORDFISH est une fiction à jeter au plus vite à la poubelle et n’oubliez pas de refermer le couvercle parce que ça pue vraiment très fort!

A propos de l'auteur

Journaliste