Réalisation: Stefano Sollima
Interprètes: Alessandro Borghi, Greta Scarano, Pierfrancesco Favino, Giacomo Ferrara
Scénario: Giancarlo De Cataldo, Carlo Bonini

Durée: 135‘
Genre: Suspense policier
Date de sortie: 09/12/2015
Cotation: **** (de ooo -restez chez vous- à **** -rdv de toute urgence au cinéma)

Rome, 5 novembre 2011, à 7 jours de l’Apocalypse. Au sein de l’Assemblée italienne, c’est l’émoi. Le gouvernement est en difficulté et l’opposition les attaque fortement en les décrédibilisant sur tous les fronts...

La suburra, c’est le quartier populaire de la Rome antique dans lequel se trouvait notamment les bordels mais aussi tous les truands et les plus pauvres habitants de tout Rome… Et on l’aura compris, le titre du film, adapté du roman éponyme, est bien une immense provocation dénonçant les magouilles en tout genre de la Rome moderne.

Car SUBURRA attaque de front la mafia, le pouvoir politique, le pouvoir religieux dans un même élan, montrant comment, en sept jours, tous ces univers corrompus vont se bousculer et s’interpénétrer dans une gigantesque toile d’araignée de domination et de course à l’influence. Le démontage pièce par pièce de cette affaire (qui bien sûr n’a rien avoir avec la réalité, n’est-ce pas?) amènera à la chute de presque tous les protagonistes dans un maelstrom sans fin.

Admirablement mise en scène par Stefano Sollima, à qui l’on doit notamment les excellentes séries GOMORRA ou ROMANZIO CRIMINALE, SUBURRA est d’une fluidité totale, grâce notamment, à un script au cordeau qui tient parfaitement tous les fils d’une histoire complexe. Rien n’y est laissé au hasard et les pièces du puzzle se mettent en place sans frottement, tandis que chaque énigme ou chaque sous-histoire se résoudra dans un final accablant pour le pouvoir, mais, somme toute, moral. Du grand art au service d’un film de genre, c’est suffisamment rare pour être souligné…

Et si la mise en scène et la photographie sont léchées, et si la musique est superbement en phase avec les plans, c’est finalement pour mieux appuyer le réalisme de l’histoire et des personnages qui restent tous éminemment crédibles, et surtout, tellement proches de ce que l’on connaît au travers des histoires d’un Berlusconi (pour ne pas le nommer) ou de la renonciation du pape Benoît.

Il n’est donc pas étonnant que Netflix ait décidé de faire de Suburra sa première série produite sur la terre italienne. Et il va sans dire qu’on l’attend avec impatience…

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A propos de l'auteur

Eric Van Cutsem
Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou … extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains…