Titre français: Beauté Volée

Equipe:
Durée: 115‘
Genre:
Date de sortie: 28/05/1996
Cotation: * (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

A 19 ans, Lucy voyage en Italie pour retrouver un amour d'enfance. Mais elle porte aussi avec elle le journal intime de sa mère qui s'est récemment suicidée, et elle compte bien retrouver la trace de son père.

Notre critique:

L’homme de NOVECENTO, du DERNIER EMPEREUR ou du sulfureux DERNIER TANGO A PARIS peut aussi se révéler être le réalisateur de l’endormant THÉ AU SAHARA ou du peu enthousiasmant LITTLE BUDDHA. Cet homme, c’est Bernardo Bertolucci, un réalisateur à la fois poète et réaliste, les deux ne se combinant pas toujours dans une parfaite alchimie et révélant parfois les limites de son art en frisant le ridicule. Si ce n’était clairement jamais le cas dans sa production des premiers temps, ces derniers films ne cessent de décevoir…

STEALING BEAUTY est probablement son film le plus raté à ce jour.

En suivant cette jeune fille américaine à la recherche des origines de sa naissance, de son amour d’enfance et de la vérité sur la mort de sa mère, le tout dans son Italie natale, Bertolucci est passé à côté de son sujet. Il s’est laissé engloutir dans les paysages magnifiques et sans fin de Toscane, captiver par les traits mouvants de Liv Tyler et emporter par ses excellents acteurs (Jeremy Irons est étonnant comme toujours et Jean Marais n’a rien perdu de son charme de comédien…). Tout cela fait que l’on assiste à un film où les intrigues sont réduites à leurs plus simples expressions, les personnages semblant évoluer côte à côte sans jamais se voir, et où l’histoire est laissée pour compte.

Oui, bien sûr, l’image est soignée, la lumière parfaite. Oui, oui, vous pourrez aisément vous pâmez devant la beauté des images et le charme de Liv Tyler. Mais ce côté léché frise le clinquant et ne fait pas oublier (surtout après la conclusion de l’histoire!) que tout le sujet du film ne tourne qu’autour de la perte de virginité de l’héroine et non sur une quelconque autre recherche que celle-ci.
Bertolucci perd clairement son sujet en chemin: ses intentions étaient louables mais il est passé à côté avec brio et l’on sort du film dépité, attristé, en se demandant comment un réalisateur d’une telle envergure à pu commettre cela.

Ceci dit, la révélation du film (et de Cannes d’ailleurs) est et restera Liv Tyler, la fille du musicien d’Aerosmith, Steve Tyler et du top model Bebe Buell dont la fraîcheur et la beauté doivent certainement être à l’origine de la folie de Bertolucci. A suivre donc dans le prochain Woody Allen et dans le premier long-métrage en tant que réalisateur de Tom Hanks… Cette petite n’a pas fini d’en faire baver… des réalisateurs!

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...