Equipe: Casper Van Dien, Denise Richards, Dina Meyer, Paul Verhoeven, Robert Heinlein
Durée: 135‘
Genre: Film de science-fiction
Date de sortie: 20/01/1998
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

C'est la guerre entre les Terriens et les Insectoïdes de l'espace. La guerre, ça fait circuler l'adrénaline, mais c'est tout de même assez moche.

Notre critique:

On se prend STARSHIP TROOPERS comme un obus dans la figure. C’est mortel. Mais l’impact est aussi libérateur que douloureux. Car sous ses allures de boucherie barbare et de propagande fasciste pure, le nouveau Paul Verhoeven est une bombe subversive hautement jouissive. On ne parle pas de la bombinette de quelques kilos. Mais de l’ogive nucléaire de plusieurs gigatonnes. Celle qui ravage, qui émiette, qui éparpille et qui irradie bien en profondeur.

D’un côté, il y a les Terriens. Tous beaux, au regard bleu, à la musculature parfaite et à la mâchoire bien carrée. De l’autre il y a les insectoïdes de l’espace, suceurs de cervelles baveux et repoussants. Et voilà que ces désastres chromosomiques osent nous empêcher de les envahir! Qu’ils osent massacrer nos colons! Qu’ils osent riposter en détruisant nos villes par des pluies de météores ! Le sang appelle le sang: la guerre totale est déclarée! L’annihilation de l’adversaire est le seul objectif acceptable. Plusieurs jeunes recrues sont lancées dans l’enfer de cette dirty bug war où ils apprennent les vraies valeurs de la vie. Où ils gagnent leur citoyenneté, privilège des seuls anciens militaires.

La glorification d’une dictature militaire expansionniste? Oui, oui, vous avez bien lu. C’était déjà le cas dans INSTINCT et AIR FORCE ONE. A l’heure où un anachronique impérialisme conservateur retrouve une place dans le cinéma américain, il s’apparente à un gigantesque crachat sur la bannière étoilée. Ca n’est pas propre. Ca n’est pas vraiment subtil. Mais ça fait un bien fou.

ETOILES, GARDE A VOUS! (STARSHIP TROOPER) – le roman

Prix Hugo 1959 (à l’époque, la plus haute distinction des conventions SF), le roman d’Heinlein a soulevé autant de contestations que de louanges. Car la peinture de cette société militaire idéale est très sérieuse. Sa description, sa défense, sa justification sont développées dans de longues tirades lors des cours de « philosophie et morale » dispensés au jeune héros. Tout cela fort bien écrit, fort argumenté, donc quelque part, redoutable.

Heinlein, lui-même ancien soldat, s’étend beaucoup sur l’apprentissage de la vie à la caserne. Avec affection. Tellement que la guerre contre les insectes passe au second plan. Trois petits chapitres, où l’on s’intéresse plus au développement de la tactique de combat qu’à l’adversaire.

Bref, plus qu’autre chose, le roman est un hommage à l’armée comme école de vie, doublé d’un discours politique (très discutable…). La SF est présente (technologie, extraterrestres, etc.) mais plutôt en sourdine.

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A propos de l'auteur

Journaliste

Lorsqu'il ne gère pas la présence web de ses clients, Christophe Bruynix dévore de la fiction sous toutes ses formes. Le temps restant, il photographie, médite, soulève des poids lourds, se débat contre un "régime flexible" (fichus carbs), et il imite très bien Godzilla.