Equipe: Andrey Zolotarev, Egor Abramenko, Fedor Bondarchuk, Oksana Akinshina, Oleg Malovichko, Pyotr Fyodorov
Durée: 113‘
Genre: Film de science-fiction
Date de sortie:
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

1984. Vaisseau Orbita. Les deux astronautes à bord s'apprêtent à retourner sur terre.Ils se détachent de la station et entament la descente sur fond de plaisanteries et de rêves de ce qu'ils feront une fois rentrés. Quand soudain, des bruits de pas se font entendre sur la coque...

 

Notre critique:

Premier long métrage du réalisateur russe Egor Abramenko, SPUTNIK est un film plutôt bien réussi. En démarrant en force (la scène de l’espace est bien angoissante à souhait), le jeune réalisateur positionne d’emblée son récit entre SF, fantastique et thriller.

A la maitrise des deux scénaristes, Oleg Malovichko, Andrey Zolotarev, dont ce n’est pas, et de loin, le premier scénario, Abramenko ajoute sa parfaite maîtrise de la mise en scène ce qui est plutôt rare pour un premier film. Il parvient ainsi à faire monter la tension graduellement en maintenant l’attention du spectateur et en distillant le suspens et les informations au compte goutte. Une belle démonstration de son talent!

Les personnages ont aussi l’avantage de ne pas être monolithiques (le militaire n’est pas borné, le scientifique est un savant fou mais lucide et l’héroïne, scientifique aussi, est entre émotion et rationalisation) et, de ce fait, rendent complètement crédible l’incroyable. Cela plonge le spectateur dans une forme de réalisme brut qui sert parfaitement la SF.

Mais, au-delà du récit de SF en forme de rétro-futurisme, il y a aussi une profonde critique d’une bureaucratie de fin de Russie (on est en 84, 5 ans avant la chute du mur de Berlin) qui favorise une forme de corruption et d’abus de pouvoir, le tout sur fond d’une histoire d’amour impossible. Du romantisme à la russe, d’une certaine façon.

SPUTNIK est un moment de cinéma fantastique et de SF comme on en plutôt rarement l’occasion d’en voir: sans fausses notes tant dans la mise en scène que dans le récit. Egor Abramenko sera certainement un homme à suivre dans les années qui viennent…

 

 

A propos de l'auteur

Rédacteur en chef/Journaliste

Journaliste indépendant dès 1989 qui, depuis cette époque, se pose toujours la question de savoir si il est journaliste, informaticien, biologiste ou ... extra-terrestre. Peut–être un peu tout ça pensent certains...