Titre français: Spider-man : New Generation

Equipe: Bob Persichetti, Hailee Steinfeld, Jake Johnson, Peter Ramsey, Phil Lord, Rodney Rothman, Shameik Moore
Durée: 117‘
Genre: Film d'animation
Date de sortie: 19/12/2018
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Spider-Man : Into the Spider-Verse suit les aventures de Miles Morales, un adolescent afro-américain et portoricain qui vit à Brooklyn et s’efforce de s’intégrer dans son nouveau collège à Manhattan. Mais la vie de Miles se complique quand il se fait mordre par une araignée radioactive et se découvre des super-pouvoirs : il est désormais capable d’empoisonner ses adversaires, de se camoufler, de coller littéralement aux murs et aux plafonds ; son ouïe est démultipliée... Dans le même temps, le plus redoutable cerveau criminel de la ville, le Caïd, a mis au point un accélérateur de particules nucléaires capable d’ouvrir un portail sur d’autres univers. Son invention va provoquer l’arrivée de plusieurs autres versions de Spider-Man dans le monde de Miles, dont un Peter Parker plus âgé, Spider-Gwen, Spider-Man Noir, Spider-Cochon et Peni Parker, venue d’un dessin animé japonais.

Notre critique:

S’il y a un super-héros dont la carrière à l’écran fut laborieuse, c’est bien Spiderman. Sam Raimi a réalisé la trilogie qui est généralement considérée comme la meilleure, les deux premiers volets étant carrément certains des meilleurs films du genre. Mark Webb s’est ensuite essayé avec deux films plutôt catastrophiques bien que probablement plus fidèles concernant certains points. Enfin, Marvel a repris un petit peu de contrôle sur le personnage, les droits appartenant à Sony, avec l’inclusion du héros dans le Marvel Cinematic Universe. En cette fin 2018, Sony ressort de son chapeau un nouveau film, en animation cette fois ci. Exit Peter Parker, bienvenue Miles Morales, une autre déclinaison du personnage, plus récente, plus en phase avec la société actuelle. Le résultat est sans appel, c’est une énorme réussite, l’une des plus belles surprises de l’année et, qui plus est, qui vient d’un genre dont on pensait parfois qu’il n’avait plus beaucoup de surprises à apporter.

Certes, Spiderman est logiquement associé à Peter Parker. Cependant, ce dernier ne fut pas le seul alias de Spiderman, il y en a quelques autres dans les comics, Parker étant seulement le plus connu. Miles Morales est un de ces autres alias. C’est un jeune dont le père est afro-américain et la mère d’origine hispanique. C’est un jeune d’aujourd’hui qui est probablement plus représentatif que les autres déclinaisons du personnage. Morales est à un tournant de sa vie. Il vient de changer d’école, a du mal avec ce changement mais, en plus, a du mal avec les études de manière générale. Son père est policier ce qui va créer une certaine distance avec Miles quand il portera le costume du justicier, le père n’étant pas fan de Spiderman. Le grand méchant du film veut retrouver sa femme et sa fille, décédées. Pour ce faire, il fabrique une machine qui va créer un pont entre les différents univers. C’est ainsi que Spider-man va découvrir qu’il a des alter-egos, avec qui il va devoir s’allier afin de résoudre cette situation mettant en péril l’équilibre du monde.

La trame principale est très simple, partant sur les principes de base du film de super-héros. Elle s’intéresse à un jeune garçon qui va devoir résoudre une situation qui le dépasse. On retrouve donc le côté du jeune débutant qui doit s’affirmer, trouver sa place dans la société et, afin d’incarner au mieux ses nouvelles responsabilités, prendre ses marques et faire ses preuves. Ce schéma narratif a déjà maintes fois montré son efficacité et ce n’est pas ici qu’il fera défaut. Là où le film prend de la richesse, c’est par rapport à ce qu’il raconte sur la jeunesse, la personnalité, la famille, les responsabilités, l’humanité mais aussi grâce à ses nombreux personnages secondaires. Il y a les parents de Miles, son oncle, Gwen Stacy, Peter Parker, tante May, les nombreux alter-egos de Spiderman, le méchant et bien d’autres encore. Chacun d’entre eux a une place relativement importante dans le récit et, surtout, ils sont très bien écrits, avec assez d’épaisseur que pour en faire des personnages auxquels le public peut s’intéresser.

Le film doit aussi sa réussite à l’énergie globale qui traverse l’œuvre. Que ce soit au niveau des personnages, de l’histoire, de l’humour, du rythme ou encore de l’excellente musique composée par Daniel Pemberton, on sent partout une énergie réjouissante qui donne un cachet dingue au long-métrage. Mais il manque un dernier ingrédient, primordial, l’animation. Il s’agit d’une animation ayant un effet de dessin de type comics. Cela n’a, de mémoire, jamais été fait auparavant. Il y a donc un côté novateur, cool, intéressant et visuellement très agréable dans l’animation choisie, choix pertinent et complètement gagnant.

SPIDER-MAN : INTO THE SPIDER-VERSE est le film qu’on n’attendait plus de la part de Sony. Et pourtant, bam, voilà qu’ils livrent une petite pépite d’un héros qui tombait pourtant, en leur sein, en décrépitude. Les réalisateurs Bob Persichetti, Peter Ramsey et Rodney Rothman ont pourtant réussi à surprendre, à donner un vent de fraicheur à cette franchise qui, grâce à cela, conforte sa position de super-héros ayant les meilleurs films.

Vous aimerez peut-être:

A propos de l'auteur

Thibault van de Werve

Ce jeune passionné de cinéma, formé entre autres au Festival du Film Fantastique de Bruxelles, affectionne en particulier Steven Spielberg, Terrence Malick et Alejandro Gonzalez Iñárritu. Il écume avec passion les visions de presse et les nombreux festivals belges, où il s'est déjà retrouvé juré (Brussels Film Festival, Festival du Film d'Amour de Mons, Festival du Film Policier de Liège...), tout en officiant par ailleurs pour les pages culturelles de La Libre Belgique.