Equipe:
Durée: 112‘
Genre:
Date de sortie:
Cotation: *** (cotations de « ooo » -restez chez vous- à « **** » -rdv de toute urgence au cinéma)

Si vous avez manqué le début:

Jean. Un tueur ordinaire enfermé dans ses obsessions, les femmes et le sexe. Un ogre moderne errant sur les routes de France, semant derrière lui les dépouilles des prostituées qu'il a possédées.
rnClaire, vingt cinq ans. Fragile et vierge.rnSéduisante et malhabile avec les hommes.
rnJean rencontre Claire. rnrn

Notre critique:

SOMBRE se présente comme un conte cruel et noir. Philippe Grandrieux, dont c’est le premier long-métrage de fiction, nous plonge dans un univers personnel effrayant. Grandrieux, qui avait jusque là partagé sa carrière entre le documentaire et le film expérimental, donne corps à un scénario à la trame classique (la confrontation d’un tueur en série avec l’innocence incarnée) mais aux personnages passionnants.
A la force psychologique d’oeuvres telles que HENRI, PORTRAIT OF A SERIAL KILLER ou MANIAC, Grandrieux a su apporter une dimension nouvelle, une esthétique intimement dérangeante. Il alterne des extérieurs tournés en contre-jour avec des gros plans de corps nus, morcelés, abîmés par une lumière sale. Le montage est brutal, rythmé par des dialogues coupés au couteau, qui fusent sèchement et tailladent la bande-son.
Le réalisateur français ne se ménage aucun espace de relâchement. Il augmente graduellement la pression, frise l’insupportable. Au coeur de cette horrible tornade brillent deux acteurs trop rares. Elina Löwensohn, l’égérie de Hal Hartley est simplement magnifique. Marc Barbé, un ancien menuisier qu’on découvre ici, est terrifiant. Son interprétation carrée et ses aboiements violents glacent le sang. rn

Il y a peu de films qui peuvent se targuer de mettre physiquement le spectateur mal à l’aise. SOMBRE est de ceux-là. A ne pas manquer si vous êtes amateur de sensations fortes et d’images sans concession.

A propos de l'auteur

Journaliste